SCÈNE VI
DELMARRE, MINOT.
DELMARRE atlend que Georges soit sorti. Il regarde autour de lui, et dit d'une voix brève a Mmol.
MIJiOT.
Eh bien! perdus...
DELMARRE.
Cuoi ! tu n'as pu rien sauver ?
MINOT
rre >que rien ; nous avons été trompés , l'usine était dans un état déplorable.
DELMARRE, d'uuc VOIX sombre.
Cinq cent mi[le francs engloutis, oh !
MI.XOT.
Qre reux-tu?... on ne saurait toujours gagner. i\ous avions élé si heureux la première année ! Tu dois avoir des lùnds en réserve.
DELMARRE, brvsquement.
Je n'ai rien.
MINOT
Ah! je comprends... tes dépenses inouïes pour ta femme... lu ne sais rien lui refuser... lu mènes un train de prince.
DELMARRE , avcc impatience.
Ah ! trêve aux observations !... Je ne suis pas compromis du moins?
MINOT
Oh î non , comme toujours, l'aÊfaire est restée sous mon seul nom.
DELMARRE.
C'est bien , je suis plus tranquille. Mais il me faut des fonds... j'ai des mémoires à payer... des sommes considérables à rembourser SI je ne veux éveiller les soupçons sur nos opérations.... où en est celle affaire de maisons?
MINOT. '
Oh ! c'est une spéculation certaine celle-là... je la survedie avec un soin ; par mes relations J ai pu connaître la ligne que suivra la nouvelle rue que l'on doit ouvrir près du Palais-Rojal et les maisons qui seront abattues, ces maisons vont être expropriées pour cause d'utilité publique, et nous les aurons achetées avant que les propriétaires découvrent la nouvelle valeur qu'elles vont recevoir.
DELMARRE.
N'est-ce pas aujourd'hui que l'on apprendra ?eue '^"^?^^"' sur quel emplacement passera
MINOT
Dans une heure... Aussi, j'ai tout préparé comme nous en étions convenus, j'ai remis à à l'avance les quarante mille francs que tu m'as donnés, je verserai ce matin trois cent mille francs, et ce soir, nous aurons réalisé un bénélice énorme.
DELMARRE. '
Mais comment trouver cette somme? Ma fortune personnelle, celle de mon père qu'il m'avait remise après la vente de son élude, la dot de ma femme, les fonds mêmes que mes clients m'avaient confiés ont élé engloutis dans ces fatales entreprises. Il ne me reste plus que quelques valeurs insuQisantes...
MINOT
Il n'y a pourtant plus à reculer, il faut réparer nos perles.
DELMARRE.
Sans doute, une affaire excellente... et si j'avais les fonds nécessaires , je n'hésiterais pas...
MINOT
Et les cent mille francs que M. de Flavi-
gny-
DELMARRE , vivement.
Oh! non, c'est un dépôt sacré...
MINOT
Que nous lui rendrons plus tard... Remetsmoi toujours les valeurs... je verrai à trouver le reste.
DELMARRE.
Bien, je vais...