BELMARRE
Oui, ille faut, Cloiilde.
CLOTILDE
Mais je veux vous accompagner... vous suivre avec voire lils...
DELMARRE.
Mon lils! ah!... qu'il ne sache jamais... Vous relèverez dans des senlimenls d'honneur... vous le guiderez dans celle société où "trop souvent de faux amis... qu'il sache un jour faire respecter le nom... le nom de mon père... El vous, Clolilde, au moment de nous séparer, voire pardon... votre pardon, au nom de notre lils!... Pauvre enfant ! je veux l'embrasser, le voir une dernière fois...
{Il [ail un pas vers la chambre à gauche; au
même inslanl, on entend la voix deVelmarre
père.)
DELMARRE PÈRE , dunS lU COUUSSC.
Mon fils ! mon fils !
DELMARRE , avcc effroi.
Grand Dieu ! mon père !
CLOTILDE
Restez.
DELMARRE.
Oh î je ne veux plus... je ne dois plus le revoir... Adieu, adieu, Clolilde!
{Il s' élance rapidement et sort par la droite.)
il?... {Apercevant Clolilde.) Ah! ah! c'est vous/ ' Clolilde?...
CLOTILDE
Qu'avez-vous?... cette émotion...
DELMARRE PÈRE, ttvec Itt plus vïvc émoHon.
Il me l'a rendu enfin.. ^ Je l'ai tant prié... il a eu pitié de ma douleur... Plus de larmes... plus de honle!...
CLOTILDE
Que dites-vous?
DELMARRE PÈRE.
Ah! c'est vrai... je parle... Vous ne savez pas... Monsieur Rajmund, je sors de chez lui... je l'ai vu : « Monsieur, lui ai-je dit, je suis le père de M. Delmarre; notre honneur est dans vos mains, ne déshonorez pas ma famille, mon nom, et... Ohl je ne sais pas ce que je lui ai dit encore ; mais il a élé touché de mes larmes, de mon désespoir; il me l'a rendu; je l'ai, le voilà, le voilà...
CLOTILDE
Comment, il se pourrait!... le...
DELMARRE PÈRE, vivemcnt.
Oh ! oh ! silence... ne prononcez pas ce motlà... Où est mon lils?...
CLOTILDE
Merci , oh ! merci , mon Dieu !
DELMARRE PÈRE.
Michel! où est mon fils?... {Michel lui indique la porte de droite. — // court vers celle chambre en criant.) Mon fils!... mon lils!... {Au même instant on entend un coup de pistolet.) Grand Dieu!