‹ Magasin théâtralChapitre 1338 sur 1475 · PREMIER BOURGEOIS · texte numérisé non relu

PREMIER BOURGEOIS

A d'autres!

LE MARQUIS, criant.

Sur les toits faudra-t-il que je monte Pour crier de plus loin : ma fortune est un conte. Je suis pauvre. Messieurs, très pauvre ! BLANÇAY, s'approchant.

Ah çà^ Marquis, Voyons, serait-ce vrai?

LE MARQUIS

C'est comme je le dis !

Si je mens d'un seul mot que le ciel me punisse !

BLANÇAY.

Comment, il se pourrait ? Opulence, avarice. Argent que vous cachiez, argent qu'on vous vola, Héritage, contrats et bijoux, tout cela Contes en l'air?

D'accord! Mais contes fort utiles Puisqu'ils ont vingt-cinq ans trompé les imbéciles. (Blançay rit et salue en indiquant les gens du groupe.)

BLANÇAY.

Bien obligé pour moi, Marquis, comme pour eux !

LE MARQUIS

Mais ce mensonge-là devient trop dangereux ; Des voleurs, des bandits je suis le point de mire. Je tremble à chaque pas, et j'aime mieux tout dire ! Oui, ma feinte opulence alléchait les niais. J'exploitais leur sottise, et de plus j'en riais !

BLANÇAY.

Et j'étais dupe aussi ! Gomme tout se révèle ! Vous êtes un fripon d'une espèce nouvelle, Cher Marquis, vous avez mon estime !

LE DEUXIÈME BOURGEOIS

Un moment!

Et vos dettes. Monsieur? vos dettes?

LE MARQUIS

Hein?., comment?

LE DEUXIÈME BOURGEOIS

Oui, notre argent, à nous, créanciers si paisibles, Qui donnions sur la foi de trésors invisibles, Que devient-il ? où vont nos créances ?

LE M.\RQUIS.

Eh bien.

Je ne les paierai pas dès-lors que je n'ai rien. C'est clair !

LE DEUXIÈME BOURGEOIS

En vérité? Voilà votre méthode ?

BLANÇAY.

Comme elle est la plus simple, elle est la plus commode,

LE DEUXIÈME BOURGEOIS

La nôtre est simple aussi ! Sans bruit et sans façon, ; Quand on nous doit, on paie, ou l'on couche 60 pri-soili

Page 1