SCENE VIII
. Les MÊMES, UN AIDE DE CA»1P
l'aide de camp.
Général, je suis envoyé auprès de vous par le commandant en chef de l'armée d'Italie.
Parlez !
l'aide DE CAMP.
Un armistice vient d'être conclu.
MURAT
Diable! nous allons nous ennuyer!...
l'aide de camp.
Vous devez partir pour Paris.
MURAT
Quitter l'armée!...
l'aide de camp.
Le général en chef vous a choisi pour porter au Directoire les drapeaux conquis sur les Autrichiens.
MURAT
A la bonne heure! je remercie Bonaparte!... je suis sûr d'être bien reçu en France, car je porte à notre patrie le présent le plus digne d'elle.
CASTA8NAC.
Sacrodious l je serais flatté d'être de la procession!...
MURAT
Pourquoi pas? Tu porteras un drapeau.
CASTAGNAC.
Et si on veut y toucher en chemin, je le défendrai vivement, quand même il faudrait l'avaler, sacrodious!...
MURAT, tirant à part Antoinette.
Et vous, mon enfant, vous ne voulez pas revoir la France? Venez! je veillerai sur vous!...
ANTOINETTE
Merci, général. J'ai quitté notre pays pour longtemps, pour toujours peut-être!... Je suis orpheline, seule au monde; au milieu des hasards de la guerre, je songe moins à des malheurs passés, et je remplis une tâche que je me suis imposée!... MURAT, riant.
Allons! une tête du midi!...
ANTOINETTE, à part.
M'éloigaer! non, car il reviendra bieatdt.
l'aide de camp.
Général, voici les drapeaux confiés désormais à la garde de votre cavalerie.
Vingt-ct-un cavaliers arrivent portant des drapeanx.
MURAT
Ënfans, il y en a vingt-et-un, et pour faire un
échange avec tout cela, les ennemis n'ont pas pris un seul drapeau tricolore!...
Les tambours battent, les trompettes sonnent ; Murât se met à la tête de sa cavalerie, suivi des hommes qui portent les drapeaux. On les voit monter le chemin de la colline, tandis que la musique fait entendre une marche guerrière.
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En Ëg}'pte. — Une salle dans un palais ; un divan.