MARIANNE, LÉONARD, LE PÈRE CASTAGNAC
LitONARD.
Le maire de la Bastide n'a aucune idcc des con
venances... 11 aurait dû glisser dans sa proclamation quelques phrases en faveur de ceux qui ont partagé les dangers de Murât.
LE PÈRE CASTAGNAC, à la fenêtre.
Marianne !
Plaît-il ?
LE PÈRE CASTAGNAC.
Est-ce qu'il va bientôt passer ce petit Joachim î
MARIANNE
Il paraît que ça ne va pas tarder... Dépêchezvous donc, père.
LE PÈRE CASTAGNAC.
C'est bien, c'est bien, je descends.
MARIANNE
C'est bien ; faites vite. Dame, je veux qu'il soit sur son trente-six ! un jour comme celui-là.
LÉONARD
Il faut le laisser tranquille... Votre père n'est pas fonctionnaire public et soumis à l'étiquette*
MARIANNE
Comme vous, par exemple !
LÉONARD
Comme moi.
MARIANNE
Et vous n'en êtes pas fâché?
LÉONARD
Certainement. Je ne me plains pas; je suis re-» ceveur des coutributions, j'ai six mille francs d'appointemens, mais j'en préférerais douze mille.
Quant à moi, ce bon Murât m'a fait une petite pension... il en a fait avoir une assez ronde à mon vieux père, et nous vivons tranquilles.... Mais je regrette le temps où je voyageais avec lui , avec mon frère...
LÉONARD
Et votre amie Antoinette, en avez-vous des nouvelles?
MARIANNE
Elle est à Paris...
LÉO.N.^RD
A la demi-solde?
^!ARIAN^E
Comment
MURAT
LÉONARD
Puisqu'elle était au service !
MARIANNE, à pari.
Pauvre fille! toute sa vie elle pensera à celui qui ne sait pas combien elle l'aime ! Je voudrais la revoir.
tlvv«n/vvvvvv«Avvwvvvvvvvvvvvvvvv^A^vvvv^A/v^^vvvvvvvvvvv'vvvvv\
Les Mêmes, LE PÈRE CASTAGNAC.