DEUXIÈME COURTISAN
Messieurs, c'était l'homme qu'il fallait pour élever le royaume de Naples a un rang illustre parmi les royaumes de l'Europe. .. Janiais notre cour ne fut plus brillante; jaujais roi ne sut niioux
allier la grandeur de la représentation à la simplicité des sentimens... Eh bien! général Nunziante, que dites-vous de la prise de Caprée?
LE GÉNÉRAL NUNZIANTE
Je dis, messieurs, que le général Lamarque et lesbraves soldats qui l'accompagnaient ont donné à l'armée napolitaine un exemple qui doit exalter son courage... C'est un fait inouï dans les fastes militaires... En revenant tout-à-l'heure de Caprée, Saiieetti, le ministre de la police, s'est écrié: «J'ai vu les Français dans Caprée, mais je ne puis croire qu'ils y soient entrés!» C.Î.STAGNAC, entrant.
Salut et bonjour, princes, ducs, marquis, che- \oiiers et. particuliers!
MAGASliN THEATRAL.
PREMIER COURTISA?;
L'ami de sa majesté, le compagnon inséparable de ses dangers !
DEUXIÈME COURTISAX.
Un brave qui regrette de ne pas avoir pris sa part de l'expédition l
LE GÉNÉRAL NUNZIANTE
Ce n'était pas possible... la cavalerie ne pouvait escalader des rochers élevés de quatre cents pieds au-dessus de la mer!
CASTAGNAC.
Pourquoi donc, sacrodious !... On a employé l'infanterie, je n'ai rien à dire : mais, s'il avait fallu, nous aurions encore grimpé avec nos poulets d'Inde pour travailler les Englishman !
LE GÉNÉRAL NUNZIANTE, SOuriant.
Et je crois que le gouverneur de Caprée, sir Hudson Lo>se, aurait laissé passer tout ce qu'on aurait voulu...
CASTAGNAC.
Lui!... ça me fait l'effet d'un drôle de troupier ! 11 se laisserait pincer jusque dans la lune !
PREMIER COURTISAN
Eh bien ! mon brave , vous plaisez-vous à Naples?
CASTAGNAC.
Oui, oui, oui!... Nous y avons de l'agrément... On voulait nous coUoquer la couronne d'Espagne, mais nous avons préféré le beau ciel de l'Italie... Le vin y est bon et les femmes sensibles!