SCÈNE XII
Les mêmes, CAROLINE.
CAROLINE
Joachim , on m'a dit qu'un aide de camp de l'empereur venait d'arriver?
MURAT
Oui; l'empereur se remet en campagne, et m'appelle au commandement de la cavalerie
BARBARA
Pardonnez si j'élève la voix, mais cette guerre est-elle donc si légitime, si sainte, qu'elle doive éloigner le roi ?
CAROLINE
Cette guerre , c'est l'empereur qui la déclare, c'est la France qui la soutient, cela suffit, ce n'est pas à nous de la juger!,.. Il y aura de nouvelles victoires dont mon époux doit avoir sa part. Voulez-vous qu'à défaut de lui, quelqu'un de ses rivaux, Masséna, Davoust, efface sa renommée?
MURAT
Non, je ne le veux pas: nendant quinze ans je me suis jeté en avant pour arriver le premier t
BARBARA
Et vous avez toujours trouvé la victoire; mais si désormais la fortune infidèle...
MURAT
Eh bien ! je serais là avec ma cavalerie, vivante muraille que l'ennemi ne romprait pasl
CAROLINE
Bien, Joacliim; et les soldats de la France vous
MURAT
entoureraient comme à ces jours d'autrefois, où vous étiez si brave et si beau sur le champ de bataille!... Et on dirait: C'est un roi qui nous guide, un roi qui méprise le danger et dont le trône n'a pas énervé la valeur!
MCR.iT.
Oui, Caroline, je prouverai que je n'ai pas changé mon bon sabre de bataille pour un sceptre pacifique... Je veux revoir l'empereur, tranquille sur son cheval, combinant la victoire par son génie, et me disant : « Murât, à toi, enlève ta cavalerie et fais-toi passage à travers ces masses épaisses!... «Je veux revoir le drapeau de la France déployé, et tous ces braves qui m'ont vu simple soldat, et qui me retrouveront roi et soldat!... Je partirai, je partirai!
CAROLIXE.
Allons, Joachim , tu reviendras à Naplcs couvrir de lauriers ce trône où le courage t'a fait monter.
MURAT
Je reviendrai pour veiller au bonheur et à la gloire de ce peuple que je laisse avec confiance à la sœur de Napoléon !
CAROLINE , à la porte du fond.
Faites entrer la cour!
BARBARA, à part.
Il s'éloigne de Naples, il va ranimer toute l'affection de l'empereur!... Eh bien! que son absence le perde comme sa présence l'aurait perdu î
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