SCÈNE IV
r,ES MÊMES, LÉONARD.
MURAT
Eh bien! Léonard, qu'y a-t-il de nouveau? LÉONARD, qui s'est avancé avec précaution. On s'est tué, on se tue, on se tuera toujours; voilà tout ce que je sais de plus nouveau.
MURAT
Cela finira...
LÉONARD
Oui, quand il n'y aura plus personne.
MURAT
Tu regrettes l'Italie ?
LÉONARD
De tout mon cœur.
MURAT
Il a fallu me suivre; ton emploi t'en faisait un devoir.
LÉONARD
Je voudrais rentrer dans les vivres.
C'est un mauvais métier : on a fusillé quelques fournisseurs...
LÉONARD
J'aurais fait le métier en conscience...
MURAT
C'est difficile...
LÉONARD
Il est écrit là-haut que je n'aurai jamais une existence conforme à mon caractère. Je ne me plains pas, je suis heureux et fier de la protection
MURAT
d'un roi ; mais je ne puis m'accoutumer à la mitraille ! Donner audience, introduire les gens sous une grêle de boulets de canon, et prendre un air gracieux!... Ah! j'étais venu pour demander si le courrier de Naples pouvait partir.
MURAT
Non, qu'il attende que la redoute soit emportée!
Coups de canon et de fusil.
LEONARD
Je puis m'éloigner?
MDRAT.
Un instant ! il faut mettre en ordre ces dépêches, et les donner à un de mes aides de camp. LÉONARD, à part Allons ! bon !
Sacrodious ! ça va chauffer.
RENAtH), s'approckant.
L'armée russe a fait un pas en avant : les balles portent jusqu'ici.
LÉONARD, à part.
Bien obligé!... ils vous disent ça avec une tranquillité!... je n'en finirai pas avec ces dépêches. Je puis me vanter d'avoir eu une idée ingénieuse en venant ici... j'y serai enseveli!
MURAT, regardant au loin.
La redoute tient encore, et la bataille va s'engager!... Repoussés! toujours repoussés!... oui, le découragement les gagnera... Et ne pouvoir marcher ! attendre un ordre qu'on ne voudra pas donner peut-être!
Coups de canon. Un boulet tombe aux pieds de Léonard, qui se jette en arrière.
CASTAGNAC.
Qu'est-ce que tu as donc, Léonard ? Tu as l'œil gauche effaré.
Je n ai rien perdu...
LÉONARD
au contraire..
(y^ part.) Je suis
Cris au loin. Fusillade, uuaAT.
Et cet officier qui ne revient pas î... Je ne l'attendrai point. Advienne que pourra... je passerai s'il le faut, par un conseil de guerre, mais j'entrerai dans la redoute. A cheval! à cheval! Mouvement. On monte à cheval l'aide de CAMP, accourant.
Sire...
MURAT
Eh bien?
l'aide de camp.
L'empereur vous autorise à faire marcher la cavalerie...
MURAT
Ah!
l'aide de camp.
Le roi de Naples, a-t-il dit, propose l'impossible, mais son courage fait des miracles.
MURAT
Mes amis, l'infanterie n'a pu entrer dans la redoute, la cavalerie l'emportera... En avant!
TOUS
En avant!
CASTAGNAC.
Viens-tu avec nous, Léonard?
LÉONARD
Merci !
Léonard se sauve, tandis que les autres partent au galop.
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iÇuttirme Sabkau,
La grande redoute de laMoskowa. — Les Russes font du haut de la redoute, un feu meurtrier sur l'infanterie française qui fait des efforts désespérés pour y pénétrer. La garde impériale vient à son tour, et ses rang>; s'éclaircissent au pied de la redoute. Lutte opiniâtre, furieuse ; soldats français qui cherchent à escalader, et qui tombent foudroyés par la mitraille. Tout à coup Cfs derniers crient : Mural l... Murât l... Murât arrive à la tête de sa cavalerie, et s'approche de la redoute. La lutte recommence avec fureur ; les cavaliers , Murât à leur tête, se jettent sur la redoute avec une aveugle impétuosité Repousses d'abord, ils précipitent leurs chevaux, et franchissent 1 entrée de la redoute. Mêlée tumultueuse ; les Russes sont accablés, et Murât parait sur le sommet de l'enceinte, entouré de cavaliers. Cris, acclamations. Table» i.
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