‹ Magasin théâtralChapitre 297 sur 1475 · LISETTE, PASQUIN, DORANTE · texte numérisé non relu

LISETTE, PASQUIN, DORANTE

LISETTE

Quelqu'un vient à nous; c'est votre valet.

DORANTE

IWonsieur, pourrais-je vous entretenir un moment?

PASQUIN

Non. Maudite soit la valetaille, qui ne saurait nous laisser en repos !

LISETTE

Voyez ce qu'il vous veut, monsieur.

DORANTE

Je n'ai qu'un mot à vous dire.

Madame, s'il en dit deux, son congé sera le troisième. (A Dorante.) Voyons.

DORANTE, bas, à Pasquia.

Viens donc, impertinent.

PASQUIN, bas, à Dorante.

Ce sont des injures, et non pas des mots , cela. (A Lisette.) Ma reine, excusez.

LISETTE

Faites, faites.

DORANTE

Débarrasse-moi de tout ceci , ne te livre po^nt, parais sérieux et rêveur, et même mécontent. Entends-tu ?

PASQUIN

Oui, mon ami ; ne vous inquiétez pas, et retirezvous.

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SCÈNK V.

LISETTE, PASQULN.

PASQUIN

Ah: madame, sans lui, j'allais vous dire de belles choses, et je n'en trouverai plus que de communes à cette heure, hermis mon amour qui est extraordinaire. Mais, à propos de mon amour, quand est-ce que le vôtre lui tiendra compagnie?

LISETTE

Il faut espérer que cela viendra.

Et croyez-vous que cela vienne ?

LISETTE

La question est vive. Savez-vous bien que vous m'embarrassez I

PASQUIN

Que voulez-vous? je brûle, et je crie au feu.

LISETTE

S'il m'était permis de m'expliquer si vite...

PASQUIN

Je suis du sentiment que vous le pouvez en conscience.

LISETTE

La retenue de mon sexe ne le veut pas.

PASQUIN

Ce n'est donc pas la retenue d'à-présent , qui donne bien d'autres permissions.

LISETTE

Mais que me demandez-vous ?

PASQUIN

Dites-moi un petit brin que vous m'aimez. Tenez, je vous aime, moi : faites l'écho; répétez, princesse.

LISETTE

Quel insatiable ! Eh bien I monsieur, je vous aime.

Eh bien ! madame, je me meurs; mon bouhçur me coufond ; j'ai peur d'en courir les champs. Vous m'aimez ! cela est admirable !

LISETTE

J'aurais lieu à mon tour d'être étonnée de la promptitude de votre hommage. Peut-être m'aimerez-vous moins quand nous nous connaîtrons mieux.

PASQUIN

Ah! madame, quand nous en serons là, j'y perdrai beaucoup ; il y aura bien à décompter.

LISETTE

Vous me croyez plus de qualités que je n'en ai.

PASQUIN

Et vous, madame, vous ne savez pas les miennes; elje ne devrais vous parler qu'a genoux.

LE JEU DE L'AMOUR Eï DU HASARD.

LISETTE

Souvenez-vous qu'on n'est pas le maître de son sort.

PASQUi:v.

Les pères et les mères font tout à leur tête.

LISETTE

Pour moi, mon cœur vous aurait choisi , dans quelque état que vous eussiez été.

Il a beau jeu pour me choisir encore.

Puis-jc me flatter que vous serez de même à mon égard?

PASQUIN

Hélas ! quand vous ne seriez que Perrette ou Margot ; quand je vous aurais vue, le martinet à la main, descendre à la cave, vous auriez toujours été ma princesse.

LISETTE

Puissent de si beaux sentimens être durables !

PASQUIN

Pour les fortifier de part et d'autre , juronsnous de nous aimer toujours , en dépit de toutes les fautes d'orthographe que vous aurez faites sur mon compte.

LISETTE

J'ai plus dintérèt à ce serment-là que vous, et je le fais de tout mon cœur.

PASQUIM, se mettant à genoux.

Votre bonté m'éblouit , et je me prosterne devant elle.

LISETTE

Arrêtez-vous, je ne saurais vous souffrii- dans celte posture-là ; je serais ridicule de vous y laisser : levez-vous.

COOOOOOOOOOOOUOOOâOOaOOO.jUOwOOOOOOOOOOQOCOOOOOOaOOO

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