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SCÈNE VIII

SILVIA, seule.

.!e frissonne encore de ce que je lui ai entendu dire. Avec quelle impudence les domestiques ne nous traitent-ils pas dans leur esprit ! Comme ces gens-là vous dégradent? Je ne saurais m'en remettre ; je n'oserais songer aux termes dont elle s'est servie, ils me font peur. Il s'agit d'un valet! ah ! l'étrange chose ! écartons l'idée dont cette insolente est venue me noircir l'imagination.

DOOCOOOOOOCOOOOOOSOOââOOSOOâQOOCOOOOOgOOOOOOOOOOaOO

SCÈN!-: IX.

SILVIA, DORWTE.

Voici Bourguignon, voilà cet objet en question pour lequel je m'emporte : mais ce n'est pas sa faute, le pauvre garçon , et je ne dois pas m'en prendre à lui.

DORANTE

Lisette, quelque éloignement que lu aies pour moi, je suis forcé de te parler : je crois que j'ai à nie plaindre de toi.

LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD

SILVIA

Bourguignon , ne nous tutoyons plus , je t'en prie.

DORANTE

Comme lu voudras.

SILVIA

Tu n'en fais pourtant rien.

DORANTE

Ni toi non plus ; tu me dis : je t'en prie.

SILVIA

C'est que cela m'est échappé.

DOR.ANTE

Eh bien ! crois-moi, parlons comme nous pourrons ; ce n'est pas la peine de nous gêner pour le peu de temps que nous avons à nous voir.

Est-ce que ton maître s'en va? Il n'y aurait pas grande perte.

DORANTE

Ni à moi non plus, n'esl-il pas vrai? J'achève ta pensée.

SILVIA

Je l'achèverais bien moi-même , si j'en avais envie; mais je ne songe pas à toi.'

DORANTE

El moi, je ne te perds point de vue.

SILVIA

Tiens, Bourguignon , une bonne fois pour toutes, demeure, va-t'en, reviens, tout cela doit m'être indifférent, et me l'est en effet : je ne te veux ni bien ni mal; je ne le hais, ni ne t'aime, ni ne t'aimerai , à moins que l'esprit ne me tourne : voilà mes dispositions ; ma raison ne m'en permet point d'aulres , et je devrais me dispenser de te le dire.

DORANTE

Mon malheur est incontestable. Tu m'ôtes peutêtre tout le repos de ma vie.

SILVIA

Quelle fantaisie il s'est allé mettre dans l'esprit ! Il me fait de la peine. Reviens à toi. Tu me parles, jeté réponds; c'est beaucoup, c'est trop même, tu peux m'en croire, et si lu étais instruit, en vérité tu serais content de moi; tu me trouverais d'une bonté sans exemple, d'une bonté que je blâmerais dans une autre. Je ne me la reproche pourtant pas; le fond de mon cœur me rassure, ce que je fais est louable : c'est par générosité que je te parle; mais il ne faut pas que cela dure : ces générosités-là ne sont bonnes qu'en passant, et je ne suis pas faite pour me rassurer toujours sur l'innocence de mes intentions; a la fin, cela ne ressemblerait plus à rien. Ainsi, finissons, Bourguignons, finissons, je t'en prie. Qu'est-ce que cela signifie? c'est se moquer : allons , qu'il n'en soit plus parlé.

DORA>TE

Ah ! ma chère Lisette, que je souffre!

SILVIA

Venons à ce que tu voulais me dire. Tu te plaignais de moi, quand tu es entré; de quoi était-il question ?

DORANTE

De rien, d'une bagatelle; j'avais envie de te voir, et je crois que je n'ai pris qu'un prétexte. SILVIA, à part.

Que dire à cela? quand je m'en fâcherais, il n'en serait ni plus ni moins.

DORANTE

Ta maîtresse, en partant, a paru m'accuser de t'avoir parlé au désavantage démon maître.

SILVIA

Elle se l'imagine ; et si elle t'en parle encore , tu peux nier hardiment ; je me charge du reste.

DORANTE

Eh ! ce n'est pas cela qui m'occupe I

SILVIA

Si tu n'as que cela à me dire, nous n'avons plus que faire ensemble.

DORANTE

Laisse-moi du moins le plaisir de te voir.

SILVIA

Le beau motif qu'il me fournit-là ! J'amuserai la passion de Bourguignon ! Le souvenir de tout ceci me fera bien rire un jour.

DORANTE

Tu me railles, lu as raison ; je ne sais ce que je dis, ni ce que je te demande. Adieu.

SILVIA

Adieu ; tu prends le bon parti... Mais à propos de tes adieux , il me reste encore une chose à savoir. Vous parlez, m'as-lu dit ; cela est-il sérieux?

DORANTE

Pour moi , il faut que je parte, ou que la tête me tourne.

SILVIA

Je ne t'arrêtais pas pour cette réponse-là, par exemple.

DORANTE

Et je n'ai fuil qu'une faute , c'esl de n'être pas parti dès que je t'ai vue.

SILVIA, à part.

J'ai besoin à tout moment d'oublier que je l'écoute.

DORANTE

Si tu savais, Lisette, l'élal où je me trouve...

Oh! il n'est pas si curieux à savoir que le mien, je t'en assure.

DORANTE

Que peux-tu me reprocher ? Je ne me proposa pas de te rendre sensible.

SILVIA, à part.

Il ne faudrait pas s'y fier.

DORANTE

El que pourrais-je espérer eu tâchant de me

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