SCÈNE VIL PASQUIN, LISETTE
PASQUIJî.
Enfin, ma reine, je vous vois, et je ne vous quitte plus ; car j'ai trop pâli d'avoir manqué de votre présence, et j'ai cru que vous esquiviez la mienne.
LISETTE
Il faut avouer, monsieur, qu'il en était quelque chose.
PASQLTX.
Comment donc, ma chère ame, elixir de mon cœur, a\ez-vous entrepris la fin de ma vie?
LISETTE
Non, mou cher; la durée m'en est trop précieuse.
PASQUIN
Ah ! que ces paroles me forlifîent !
LISETTE
Et vous ne devez peint douler de ma tendresse.
PASQUI.X.
Je voudrais bien pouvoir baiser ces petits motslà, et les cueillir sur votre bouche avec la mienne.
LISETTE
Mais vous me pressiez sur notre mariage, et mon père ne m'avait pas encore permis de vous répondre. Je viens de lui parler, et j'ai son aveu pour vous dire que vous pouvez lui demander ma main quand vous voudrez.
PASQUI\.
Avant que je la demande à lui, souffrez q^ue je
la demande à vous ; je veux lui rendre mes grâces
de la charité quelle aura de \onloir bien entrer
dans la mienne, qui en est \érilablement indigne.
LISETTE
Je ne \ous refuse pas de vous la prêter un moment, à condition que \ous la prendrez pour toujours.
PASQUIN
Chère petite main rondelette et potelée, je vous prends sans marchander : je ne suis pas en peine de l'honneur que vous me ferez, il n'y a que celui que je vous rendrai qui m inquiète.
LISETTE
Vous m'en rendez plus qu'il ne m'en faut. PASQUIN.
Ah ! que nenni : vous ne savez pas celle arilhmélique-là aussi bien que moi.
LISETTE
Je regarde pourtant votre amour i omme un présent du ciel.
PASQUIN
Le présent qu'il \ous a fail ne le ruinera pas, il est bien mesquin.