‹ Magasin théâtralChapitre 314 sur 1475 · SCÈNE VIL PASQUIN, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL PASQUIN, LISETTE

PASQUIJî.

Enfin, ma reine, je vous vois, et je ne vous quitte plus ; car j'ai trop pâli d'avoir manqué de votre présence, et j'ai cru que vous esquiviez la mienne.

LISETTE

Il faut avouer, monsieur, qu'il en était quelque chose.

PASQLTX.

Comment donc, ma chère ame, elixir de mon cœur, a\ez-vous entrepris la fin de ma vie?

LISETTE

Non, mou cher; la durée m'en est trop précieuse.

PASQUIN

Ah ! que ces paroles me forlifîent !

LISETTE

Et vous ne devez peint douler de ma tendresse.

PASQUI.X.

Je voudrais bien pouvoir baiser ces petits motslà, et les cueillir sur votre bouche avec la mienne.

LISETTE

Mais vous me pressiez sur notre mariage, et mon père ne m'avait pas encore permis de vous répondre. Je viens de lui parler, et j'ai son aveu pour vous dire que vous pouvez lui demander ma main quand vous voudrez.

PASQUI\.

Avant que je la demande à lui, souffrez q^ue je

la demande à vous ; je veux lui rendre mes grâces

de la charité quelle aura de \onloir bien entrer

dans la mienne, qui en est \érilablement indigne.

LISETTE

Je ne \ous refuse pas de vous la prêter un moment, à condition que \ous la prendrez pour toujours.

PASQUIN

Chère petite main rondelette et potelée, je vous prends sans marchander : je ne suis pas en peine de l'honneur que vous me ferez, il n'y a que celui que je vous rendrai qui m inquiète.

LISETTE

Vous m'en rendez plus qu'il ne m'en faut. PASQUIN.

Ah ! que nenni : vous ne savez pas celle arilhmélique-là aussi bien que moi.

LISETTE

Je regarde pourtant votre amour i omme un présent du ciel.

PASQUIN

Le présent qu'il \ous a fail ne le ruinera pas, il est bien mesquin.

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