SCÈNE XIII
Les Mêmes, LE ROI
LE ROI. Eh bien! messieurs...
ROGER e< DUBOULOY. Monseigneur...
LE ROI. Avez-vous appris quelque chose de nouveau?
ROGER. Sur quoi!
DUBOULOY. Sur qui?
LE ROI. Mais sur ces dames; vous avez causé une heure avec elles.
ROGER. Oh ! de choses indifférentes.
DUBOULOY. Et qui n'ont aucun intérêt pour vous, monseigneur. j
LE ROI. Mais vous les avez vues , au j moins? I
ROGER. Non.
DUBOULOY. Non.
LE ROI. Elles ont refusé de se démasquer?
ROGER. Oui.
DUBOULOY. Oui.
LE ROI. Vous savez oii elles demeurent?
ROGER. Nous l'ignorons complètement?
LE ROI. Mais elles vous ont dit leur nom?
DUBOULOY. Pas du tout.
LE ROI. Ah ! vous êtes bien maladroits ; moi qui ne suis resté que dix minutes avec elles...
ROGER et DUBOULOY. Eh bien ?
LE ROI. Eh bien, j'ai été plus heureux que vous.
ROGER. Monseigneur sait comment elles se nomment ?
LE ROI. La plus grande se nomme madame de Saint-Réal.
DUBOULOY. Et la plus petite?
LE ROI. Madame de Folmont.... elles demeurent toutes deux rue d'Alcala, n" 15... Oh ! je ne l'oublierai pas ; car un instant m'a suffi pour apprécier toute la grâce de ces deux Françaises... la conversation la plus piquante, les aperçus les plus fins, les plus ingénieux... et puis un tour d'esprit neuf, original, brillant... c'est à en perdre la tête!. .. Saint-Hérem.
ROGER. Monseigneur. . .
LE ROI. Demain matin à onze heures, tu viendras me parler.
ROGER. Oui, monseigneur.
LE ROI. N'y manque pas , Saint-Hérem ; pour toi je renverrai mon conseil... Ce que j'ai à te dire, vois-tu, est fort sérieux, fort important!... Nous parlerons d'elles!...
DUBOULOY. Ah! vous parlerez...
LE ROI. Oui, oui... car je crois que j'en suis amoureux fou !... A demain, Saint-Hérem, à demain!
Il sort.
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