SCÈNE XII
FRÈRE ARSÈNE, non QUEXADA.
DON QUEXAUA.
C'est bien vous , sire ! mes yeux ne me trompent pas ; vous vivez! ( Voulant se jeter aux genoui du frère Arsène, quU'en empêche.) Pardonnez à l'émotion dont j'ai le cœur bouleversé en baisant une fois encore la main de mon royal maître. J'ai cru voir son fantôme sortir du tombeau.
FRÈRE ARSÈNE
Et ce n'est que trop vrai ; je ne suis plus qu'un fantôme de majesté. N'avez-vous pas entendu ce prieur qui sort d'ici? ne m'a-t'-il pas dit: Je suis le maître? Il refuse de délivrer mon fils; mon fils, qui , sans me connaître, me chérit déjà. Le beau jeune prince, don Quexada! que de fierté! quel feu dans ses yeux ! des passions impétueuses, n'est-ce pas? et une tête!... une tète plus vive que la mienne !
A qui le dites-vous, sire? il m'a précipité dans des embarras qui m'ont rendu malheureux...
FRÈRE ARSÈNE
Comme une poule d'Espagne qui aurait couvé l'œuf d'un aigle
DON QUEXADA.
Tant que l'aiglon s'est tenu dans sa coquiHe, rien de mieux ; mais du moment qu'il l'a brisée...
FRÈRE ARSÈNE
II s'est senti de son origine. Il a touIu de l'air et du soleil. Par le Dieu vivant! il en aura, en dépit de tous les obstacles; oui , la lumière pour ses yeux ; et pour ses ailes , la liberté ! (Allant oi». VI il la porte de sa cellule. ) Venez, venez, mon jeune ami!
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