SCÈNE VII
Les Précédents, excepté dom QUEXADA et DO» RUY GOMÈS.
PHILIPPE II, & part.
Ce moment va décider de leur sort ; je ne me sens plus de pitié.
DONA FLOBIKDE , à don Juan.
Vous revoir !... c'est un bonheur qwc je n'espérais pas.
Mais qui sera court. ( A don Jaaa. ) On vous a transmis ma résolution ?
DON JCAW.
Otvi, sire.
Quelle est la vôtre?
DON JUA5.
Le comte de Ssnta-Fiore la connaît trop bi»n pour que le roi l'ignore.
Vous y persistez?
DON JDAK.
Prononcer des lèvres ces vœux démentis par mon cœur, ce serait l'acte d'un lâche. Je mourrai , sire ; mieux vaut pour l'Espagne un brave gentilhomme de moins qu'un mauvais pr^-tre de plus.
Qnj le sang de cette jeune fille retombe donc sur toi , car son arrêt vient de sortir de ta bouche.
DOM JDAH.
Que dites-vous?
Que si tu résistes , elle va périr, et qu'elle vivra si tu consens.
DOS JUAH.
Quoi ! sire...
Oui, cette mort qui détruirait tant de beauté dans sa fleur, ces tourments dont la seule idée te fait pâlir pour elle, je les lui épargnerai. Oui, elle pourra fuir, s'exiler sous le ciel de ses pères; elle pourra même traîner .ses misérables joiu-s dans un coin de l'Espagne , où ma justice l'oubliera ; don Juan , je vous en donne ma parole royale ; mais soumettez- von«.
DONA FLonisnE.
On vous demande plus que votre sang, ping que votre vie : l'abandon de votre liberté. IjïIs. sez-moi subir mon sort ; il ne me faut qu'un pea de courage pour mourir, il vous en faudra tant pour vivre esclave !
DON JUA^ D'AUTRICHE.
DON JCAλ.
Esclave! sou3 une robe de moine, esclave jusqu'au tombeau !... Eh bien! je trouverai dans mon amour le seul courage dont je rae croyais incapable. Ma liberté, Florinde, c'est après vous ce que j'ai de plus cher au monde ; mais, en la perdant , je vous sauve... Ah ! ce qui m'eût flétri m'honore, et la honte serait d'hésiter. (A Philippe II avec dignité.) Sire, VOUS me faites une violence dont vous aurez à répondre un jour; mais vous avez le pouvoir, et vous en abusez: disposez de moi.
DON A FLORIKDE.
Non, don Juan !...
PHILIPPE II, l'entraînant vers le crucifix.
Viens donc devant ce Dieu qui t' écoute et qui te jugera, viens t'engager par un serment que tu dois bientôt renouveler à l'autel.
DONA FLORISnE.
Non , oh ! non : c'est un sacrifice que je n'accepte pas.
Mais le ciel et moi , nous l'acceptons.
DON JUAN
lîien pour vous, sire, rien pour le ciel; tout pour elle seule! (Etendant la main vers le crucifix.) Oui, dussè-je payer sa vie du malheur de la mienne, et de mon éternelle condamnation...
PHILIPPE II, aux (grands du royaume qui entrent , la tête découverte, par lu porte du fond. Que me veut-on? Vous ici, messieurs, ma cour tout entière ! qui a donné l'ordre d'ouvrir? au péril île sa tête, qui l'a osé ?...
eeeeeeoeeeaeeeeeeoeseeeseeoeeosseeeeeeeeggeeesaeeegeeseeoe
scÈNi-: VIII.
Les PnÉcÉDENTS, FHÈUE ARSÈNE, don QUEXADA, DON lU'Y GOMÉS, don VerniNANu Dt: VAI.nÈS, l'ElJLO, Inquisiteurs , Courtisans.
frèue arskmî.
Moi, don Philippe.
rHii.ii'PE II.
Grand Dieu! (Se découvrant.) Vous, sire?
DON JUAN
Qu'entends-je ?
don A FLORIKDE.
Ma prière l'a touché .'
FRÈRE ARSÈNE
Moi, qu'un devoir impérieux force à sortir d'une retraite que je croyais ne jamais quitter. Le père de celle jeune fille me rendit un seivice qui sauva le royaume , et qui fut oublié ; elle , au moins, n'aura pas réclamé en vain mon appui. Je viens la demander à ses juges , qui ne me la refuseront pas ; à vous , qui devez être de moitié dans ma reconnaissance.
Sire , notre clémenoo avait prévenu la vôtre.
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FhKRE ARSÈNE.
Ma mission n'est pas remplie. (Montrant doi Juan.) Nous nous sommes trompés tous deux sur la vocation de ce jeune homme; mais il n'est jamais trop lard pour reconnaître une erreur et pour la réparer. Don Juan , un genou en terre devant le roi d'Espagne ! En présence de tout ce qu'il y a de grand et de sacre dans l'état, lui promettez-vous obéissance, fidélité, dévouement jusqu'à la mort?