CHARLOTTE, LOUISE
LQUÎSE, entrant. Ma chère, nous n'avons ^as de bo'theiir.
CHARLOîTÊ. Comment?
LOUISE, iî n'est pas chez liii.
CHARLOTTE. OÙ CSt-il ?
LotisË. Oïl li'eîi sait rien.
CHARLOTTE. Il u'a pas dit à quelle heure il rentrerait?
L0UI6B. Il n'est pas reparu depuis ce matin:
CHARLOTTE. Mois mousicur Dubouloy ?
LOUISE. Absent aussi.
CHARLOTTE. Es-tu montée dans son appartement? as-tu laissé une lettre?
LOUISE. Je m'en suis bien gardée.
CHARLOTTE Pourquoi cela?
LOUISE. Il y avait chez lui un officier du roi.
CHARLOTTE. Un officier du roi! qu'y fait-il?
lOUiSE. Il attend qu'il rentre.
tHABLOTTE. Que penser de cela?
LOUISE. Ma chère, j'ai bien peur cpie par ses emportements .de tantôt monsieur de Saint-Hérem n'ait blessé sa majesté...
CHARLOTTE. Et quc Cet officier ne soit là pour...
LOUISE. C'est probable.
CHARLOTTE. 0 uiou Dicu ! voilà ce que je craignais; voilà ce qui devait arriver... Que faire ?
LOUISE. Qiie faiie? c'est facile à dire.
CHARLOTTE. ECoutc ; c'est toi qui as tout conduit jusqu'ici , toujours en répondant de tout, eh me promettant une heureuse issue, dont moi j'ai douté toujours. Louise , nous voici arrivées au point que j'avais prévu, au moment que je craignafs... Ne m'abandonne pas, je deviendrais folle !
LOUISE. Veux-tu que j'y retourae î Tetn-tii que je l'attende ?
CHARLOTTE. Non. Le roi, d'un moment à l'autre , peut venir ici ; je ne reux pas être seule.
LOUISE. Mais lui-même, ton mari, reviendra peut-être...
CHARLOTTE. Oui; mais s'il revient sans
I êtfe prévenu, s'il trouve le roi ici!.. Violent
comme il l'est, se croyant trahi, il n'y aura
plus ni dignité, ni rang, ni respect qui le
retienne, il fera un éclat, du scandale.
LOUISE. Tu crois?
CHARLOTTE. Ahl le malhcurcux sc perdra, j'en suis sûre.
LOUISE. Eh bien ! envoyons quelqu'un, un domestique qui attendra Comtois, son valet de chambre.
CHARLOTTE. Il n'y était donc pas non plus, Comtois?
LOUISE. Personne, je te dis; ni Comtois, ni monsieur Dubouloy, ni Roger.
CHARLOTTE. Mais OU ne peut confier à un domestique...
LOUISE. Ecris, donne une lettre, et recommande expressément de ne la remettre qu'au valet de chambre, ou à l'un ou l'autre de ces deux messieurs.
CHARLOTTE. Oui ; mais je ne veux pas écrire ici, de peur d'être surprise... Je rentre chez moi, je m'enferme. Dans dix minutes, viens prendie ma lettre... Si le roi était ici par hasard, je n'aurais qu'à te la remettre ; tu saurais ce que cela veut dire.
LOUISE. Bien.
CHARLOTTE. Ah ! ma pauvre Louise, mon Dieu ! qui pouvait se douter de tout cela?
LOUISE. Eh bien! que fais-tu? c'est ma mante que tu prends !
CHARLOTTE. Quo vcux-lu ? j'ai la tête perdue, moi!
Charlotte sort.
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