SCÈNE IV
Les Précédents, excepté VALEISTIJN.
n\Nv:LLE.
Tu vois, ma chère Hortense, Un camarade à moi, mon com|iagnon d'enfance, Mon mentor au collège; élève à Mazarin, Ronnard m'a sur les bancs disputé le terrain ; Je l'aimais à quinze ans, et je te le présente Comme un des vrais amis cfue j'estime à soixante.
HORTENSE
Monsieur m'est connu.
BONNARD
Moi !
hortense.
Votre fraternité Fit proverbe autrefois dans l'université.
BONNARD
11 est sûr cpi'avec lui je vivais comme un frère.
HOr.TENSE.
Si nous en exceptons vos débats sur Homère.
BONNARD
Achille était son dieu.
HORTENSE
Vous préfériez Hector.
BONNARD
Vous le savez ?
HORIENSE.
Bon dieu! j'en sais bien plus encor; Danville est très causeur.
BONNARD
Causeur par excellence, (î'est vrai.
L'ÉCOr.E DES VIEILLARDS.
HORIESSE.
Vous souvient-il de certaine imprudence, Qui lui valut de vous un superbe sermon?
DAXVILLE.
11 sermonnait toujours.
BONSARD.
Lui , c'était un démon !
HORTENSE
L^un prix de vers latins...
BONARD
Madame !
HORTESSE.
D'une thèse , \ tii vous fit un honneur!
BOSNARD.
C'est en soixante-treize ; C ui vraiment : quoi ! madame, on vous en a parlé; Quel charmant souvenir vous m'avez rappelé! (A Banville.) W\e a beaucoup d'esprit.
DA> VILLE
ciys
pas
iN'est-
HORTESSE.
Je m'arrête ; Vos triomphes passés vous tourneraient la tête. Mais voyez-nous souvent : en causant tous les trois, Nous ferons reverdir vos lauriers d'autrefois. Poiu- madame Bonnard, je veux aller moi-même...*
BONJiARD, embarrassé.
Je suis...
BANVILLE
Il est garçon, et garçon par système.
BONNARD
Me voilà converti.
HORTENSE
Monsieur, prouvez-le donc, tJn garçon a parfois des moments d'abandon, D'ennui; venez nous voir, et que notre ménage Vous racommode un jour avec le mariage.
BONNARD
Je ferai d'un tel soin mon plus doux passe-temps , Et voudrais près de vous prolonger ct>s instants; Mais un mot très pressé que je ne puis remettre... (Ba»à Daiiville.) Il faudra que la somme arrive avec la lettre.
DANVILLE
Sois tranquille. Eh parbleu! pom- écrire un billet, Tu n'es pas mieux chez toi que dans mon cabinet. Regarde... un bureau neuf, loin du bruit des voitures, Et ton cher Moniteur ouvert sur des brochun's-.- Dans peu je te rejoins.
BON'NARD
A ton aise, mon cher ; ?a caissier le dimanche est libre comme l'air; Souvien»-toi seulement qu'.î deux heures je dine. ( Bas à Danville.) Ah ! je te félicite, et ta femme est divine.
(II sort.)