‹ Magasin théâtralChapitre 495 sur 1475 · ACTE Jl, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE Jl, SCENE I

^5ais je ne vois p.is là le (jrand honneur (|ue j'ai. Ils sont lii^?...

MADAM?: SlXCLAir,.

Bien plus depuis notre voyage.

DASVILLE.

n la connaissait donc avant mon mariage ?

MADAME SINCLAIR

Sans doute ; auprès du Havre il vint passer lété, El rendit comme un autre homma{;e à sa beauté. Je sus, quand il partit, saisir la circonstance; Appelant ses bontés sur le père d'Hortense , Je parlai d'un retour, impossible aujourd'hui : Le Duc fera pour vous ce qu'il eût fait pour lui. Nous nous sommes re^Tis par un bonheur unique : Je cherchais un hôtel , c'est le sien qu'on m'indique. Le hasard fait chez lui vaquer un logement, Celui ci , c'est heureux.

BANVILLE

Oui , ma foi, c'est charmant!

MADAME SINCLAIR

Pour comble de bonheur, son oncle est aux finances ; Le Duc , à lui tout seul , vaut deux ou trois pnissan- Pour vous , grâce à nos soins , le voilà très zélé ; [ce5. Mais de vos soixante ans nous n'avons point parlé. Par son âge souvent la vieillesse indispose. Et l'on croit qu'un vieillard n'est pas propre à grand'

DANVILLE. [chose.

MADAME SINCLAIR

Mais vous pouvez cacher dix ou douze ans.

DANVILLE

Non , vos honneurs pour moi ne sont plus séduisants ; J'entrevois des dangei"S à trop courir les places.

MADAME SINCLAIR

jesquels? à pleines mains le Duc répand les grâces. (Courage; Hortense et moi nous avons du crédit. Le Duc me rend des soins dont tout bas on médit ; J'ai sa loge aux Français quand un acteur débute. Pour les Chambres , j'y vais les jours où l'on dispute. J'ai vu dans leur splendeur les quarante immortels , Et suivi par plaisir deux procès criminels. Le Duc me conduisait, et quand j'étais rentrée. Ici , loin du grand monde, il passait la soirée.

DANVILLE

Cest vous cpi'il venait voir ?

MADAME SINCLAIR

Au point qu'on s'en mo- Vn jour que j'étais seule , il a tait mon picpiet. [quait : .fdis seule , ma tille était là ; mais qu'importe !...

DANVILLE

Il importe beaucoup , et j'agirai de sorte

Que ces vastes salons ne soient plus encombrés

De tous vos beaux messieui-s titrés ou non titrés ;

Et qu'Hortense, loin d'eux, cherche dans son ménage

Un plaisir moins bruyant qui convienne à mon âge.

Que fait-elle? en visite elle à perdu ses pas

Chez des gens très connus, que je ne connais pas,

Et par respect humain , pour briller, asservie

A de frivoles soins qui surchargent sa vie,

De peur que mon bonheur ne me fit des jaloux ,

tlle a vu tout le monde excepté son époux

Moins d'éclat, plus d'égards. Ai-je pris une femme Pour illustrer monsieur du bruit que fait madame , Rester veuf à sa suite avec vos bons maris , Ou pour en décorer les jardins de Pans? Dites-lui , s'il vous plait...

MADAME SINCLAIR

Vous parlerez vous-même Je vous trouve aujourd'hui d'une injustice extrême ; Et je ne vois pas , moi , le mal assez urgent Pour me charger d'un soin qui n'est point obligeant Je vous laisse y rêver , et ne sais pas, mon gendre , Supporter une humeur que je ne puis comprendrez

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