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SCENE III

LES MÊMES, LE MARQUIS DE NANGIS

LAFFEMAS, allant ail-devant du vieux inarquis. Ah! monsieiu' le marquis, nous avons bien perdu. C'était un neveu rare, et qui vous eût rendu La vieillesse bien douce. Avec vous je le pleure. Beau, jeune, on n'était point de nature meilleure! Servant Dieu, réservé près des IVinmes, toujours Juste en ses actions et sage en ses discotus. Un seigneur parfait, brave, et que chacun célèbre! Mourir si tôt!

Le vieux marquis laisse loniber sa tète dans ses mains. SAYERNV, bas à BriclHiiUeau.

Le diable ait l'oraison funèbre !

11 me loue, et le rend plus triste, sur ma foi ! Toi, poiu- le consoler, disdui dn mal de moi.

ERiciiANTi-MJ, à Laffemns.

Vous vous tromj)ez, monsieur. J'étais du même grade Que Saverny. C'était un mauvais cainarade. Un fort méchant sujet, qui dans ces derniers temps Se gâtait tous les jouis. Brave, on l'est à vingt ans; Mais, après tout, sa mort n'est pas digne d'estime.

LAFFEMAS. [crime !

TTn duel! "VTais voyez donc! le grand mal! le grand A Bricliauleaii, d'un air gofjuenard , lui montrant son épée.

'Vous Aies officier?

liiïicuvNTEAi;, du même ton, lui montrant sa perruque.

Vous êtes magistrat?

DE LORME

SAVEUNV, bas.

Continue.

lir.lCUANTEAU.

Il était (piinl.ii\, incntnur, ingrat.

Peu regrettable au fond; il allait aux églises, Mais [lour cligner de l'o'il avec les Cidalises. Ce n'était (ju'un galant, qu'un fou, qu'un liberlin.

SAVEKN\, bas.

Bien, bien!

BRICHANTF.AU.

Avec ses chefs indocile et muliu.

Quant à sa bonne mine, il l'avait fort perdue. Boitait, avait sur l'o'il une loujie. étendue. De blond devenait roux, et de courbé bossu.

SAVEUNï, bas.

Assez.

BRICn\NTF.At'.

Puis il jouait, on s'en est aperçu.

Il eût joué son i\me aux dés, et je parie Qu'd avait au brelan mangé sa seigneurie. Tout son bien chaque nuit s'en allait au grand trot.

.sAVEi'.NV, le tirant par la manclie, bas. Assez, que diable, assez! tu le consoles trop!

LAFFEMAS, rt lirichanteau.

Mal parler d'un ami défunt, c'est .sans excuse!

BRicHANTEAu, montrant Saverny.

Demandez à monsieur. ..^^

SAVERNY

Ah! moi, je me récuse.

LAFFEMAS, offectueusement , au vieux marquis. Monseigneur, monseigneur, nous vous consolerons. On a son meurtrier; — eh bien! nous le pendrons! Il est sous bonne garde, et son affaire est sûre. A Brichanteaii et à Saverny.

Comprend-on le marquis de Saverny? Je jure

Qu'il est des duels que nul ne peut répudier;

Mais s'aller battre avec je ne .sais quel Didier ! SAVERNY, à part.

Didier?

l.e vieux marquis, qui est reste pendant toute la scène immobile et muet , se lève et sort à pas lents du coté opposé à celui d'où il est venu; ses gardes le suivent.

LAFFEMAS, essuyant une larme et le suivant

des yeux.

En vérité! sa douleur me pénètre.

UN VALET, accourant.

Monseigneur !

Er.lCILVNTEAU.

Laissez doue tranquille votre maître!

LE VALET

c'est pour l'enterrement du feu marquis Gaspard. Quelle heure fixe-t-on ? ^

ERlCnANtÈAV.

Vous le saurez plus lard.

LE VALET

Puis des comédiens, (|ui viennent de la ville. Pour cette nuit céans demandent un asile.

BRICK ANTEAU.

Pour des comédiens le jour est mal choisi ; Mais l'hospitalité, c'est un devoir aussi.

Muntraut une granjTe k la gaucrlie du théâtre. Donnez-leur cette grange.

LE VALET, tenant une lettre.

Une lettre (jui presse...

Lisant.

Monsieur de Laffemas...

LAFFEMAS

Donnez. C'est mon adresse.

ERicnANTEAU, bas à Saverny, qui est resté pensif

dans un coin.

Hâtons-nous, Saverin! Viens tout expédier Pour ton enterrement.

Le tirant par la manche.

Çà, rèvcs-tu?

swEUNv, à part.

lis .sortent.

MAHIUN DE LUKME. ^^

I DiDiLU, à pari.

Ces drôles !

1,1. .scAr.AiMOLcm;, aux autres comédiens. Sur ce, faisons la .soupe, et repassons nos r»)tes. 'i MHS cmrenl dans la cranj^c, excepté Mariori et Didier.

Uulier !

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