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SCENE VIII

LA TISBE, HOMODEI.

LA TISBE.

J'ai la clef!

HOMODEI.

Voyons.

Examinant la clef.

— Oui, c'est bien cela. — Il y a dans le palais du podesta une galerie qui regarde le pont Molino. Cachez-vous y ce soir. Derrière un meuble, derrière une tapisserie, où vous voudrez. A deux heures après minuit, je viendrai vous y chercher.

LA TISBE , lui donnant sa bourse.

Je te récompenserai mieux ! En attendant , prends cette bourse.

HOMODEI.

Comme il vous plaira. Mais laissez-moi finir. A deux heures après-minuit , je viendrai vous chercher. Je vous indiquerai la première porte que vous aurez à ouvrir avec cette clef. Après quoi je vous quitterai. Vous pourrez faire le reste sans moi ; vous n'aurez qu'à aller devant vous.

LA TISBE.

Qu'est-ce que je trouverai après la première porte ?

HOMODEI.

Une seconde, que cette clef ouvre également.

LA TISBE.

Et après la seconde?

HOMODEI.

Une troisième. Cette clef les ouvre toutes.

LA TISBE.

Et après la troisième ?

HOMODEI.

Vous verrez.

DEUXIEME JOURNÉE

Une chambre richement tendue d'ccarlate rehaussée d'or. Dans un angle, à gauche , un h'i magnifique sur une estrade et sous un dais porté par des colonnes torses. Aux quatre coins du dais pendent des rideaux cramoisis qui peuvent se fermer et cacher entièrement le lit. A droite, dans l'angle, une feuélre ouverte. Du même côté , une porte masquée dans la tenture ; auprès, un prie-Dieu, au-dessus duquel pend accroché au mur un crucifix en cuivre poli. Au fond, une grande porte à deux battants. Entre celle porte et le lit, une autre porte pi'tite ei trèsornée. Table, fauteuils, flambeaux; im grand dressoir. Deliors, jardins, clochers, clair de lune. Une angélique sur la table.

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