‹ Magasin théâtralChapitre 696 sur 1475 · ANNA, PAULET · texte numérisé non relu

ANNA, PAULET

(Deux domestiques de Paulet , traversant le fond du Ibéâlre, emportent une cassette et des papiers. j

ANNA

Cessez, au nom du ciel, et daignez m'écouter. A son malheur encor pourriez-vous ajouter ! Quand j'ai vu sans effroi ma reine infortunée Du château de Talbot dans le votre amenée, Mou espoir vainement nous avait-il promis Une prison plus douce et des cœurs plus amis? Est-ce eufm pour servir une implacable haine Que vous avez reçu la garde de ma reine ? Sa iidèle nourrice embrasse vos genoux ; Ne nous ravissez pas...

PAULET, la relevant.

Madame !

ANNA

Rendez-nous Ces lettres, ces écrits, ces secrets cardctcrcs ,

De ses longs déplaisirs tri tes dépositaires. Et ce bandeau royal de lieurs de lis orné. Dont son front fut jadis en France couronné. Hélas! de ses beaux jours, de son ancienne gloire, Il lui vient quelquefois rappeler la mémoire ; C'est le seul souvenir qu'elle en ait conservé : Faut-il que par vos mains il lui soit enlevé !

PAULET

Mon devoir est sur moi plus fort que vos prières. J'ai des ordres, madame.

ANNA

0 comble de misères!

O crime ! à voir ces murs à peine ouverts su jour Qui croirait qu'une reine y fa-^se son séjour! A tant de maux, grand Dieu ! l'aviez-vous destinée, Cette belle Marie, au berceau couronnée, Qui vit de son enfance adorer les dé.-irs, Qu'éleva Médicis au milieu des plaisirs. Et qui, do trois états la joie et l'espérance, Fut reine d'A trV'one et d'Ecosse et de France?

l'A CL El.

D'Angleterre!...

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