SCENE V
LEICESTEK.
Et moi, de mon aucîa e Parons le coup affreux dont ce jour me menace. Courons chercher la reine. Elle s'approche. Dieu ! Lord Burleigh sur ses pas s'avance vers ce lieu.
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scÈNn: vr.
BURLEIGH, ELISABETH, LEiCESTER.
ELISABETH
Approchez, Leicester. Contre moi l'on conspire.
LEICESTER
Je Iciavais , madame , et venais vous le dire.
ELISABETH
Vous , miîord !
LBIC ESTER.
Moi, madame.
ELISABETH
El qui trahit sa foi ?
LEICESTEK.
Du per6de complot le chef...
ELISABETH
Est devant moi.
Lisez. Ce seul écrit sufTil pour vous confondre.
LEICESTEK.
C'est la main de Stuart.
ELISABETH
Qii'avez-vous à répondre?
Lisez. Me nicrez-vous que pour sauver ses jours Marie ait de vos mains attendu le secours? Qu'on doive en voire nom tenter sa délivrance ? Que vous ayez d'un trône açcejilé l'espérance? Que votre indigne amour au sien ait répondu!*
LEICESTEK.
Madame , si mon cœur se sentait confondu , S'il avait fait au vôtre un si cruel outrage , Je pourrais récuser un pareil témoignage; J'y pourrais voir un piège essayé contre moi Pour mettre votre cœur en doute de ma foi. Mais je veu.x que sa lettre explique sa pensée ; En ai-je encouragé resp.-'rancc insensée.'
MAÎIIE STIIAUT.
Elle aime à ni'ussuror et son trône et SQ main Ai-je souhaité d'elle un présent aussi vain , Moi , qui l'ai dédaignée, alors qu'en sa personne L.i beauté rehaussait l'éclat de la couronne, Que Marie en elTet pouvant me couronner, Avait avec son cœur un royaume à donner? Mais d'un pareil écrit a (|uoi bon me défendre? Ce qu'il vous fait savoir, je venais vous l'apprendre.
Él.ISABEin.
Quoi! le connaissiez-vous?
LEICi;STEa.
Il révèle un projet Que Stuart dès long-temps nourrissait en clTet , El dont en ce château mon heureuse présence Vient d'attirer à moi toute la conlidence.
liUULEIGU.
Mais , milord , au seul mot que je vous en ai dit , Comment vous ai-je vu tout-à-l'heure interdit? Vous saviez ce projet ; eh bien ! pourquoi le taire? Pourquoi l'envelopper d'un si profond mystère?
LEICESTEB.
Vous êtes bien hardi d'oser m'interrogcr.
De ce que j'ai dû faire est-ce à vous déjuger?
En dois-je rendre compte à d'autres qu'a la reine?
ELISABETH
L'orgueil vous défend mal , et la défaite est vaine.
LEICESTER
S'il vous sert en discours , dois-je lui ressembler? J'ai coutume d'agir avant que de parler.
BURLEIGU.
Vous parlez maintenant, forcé par l'évidence.
LEICESTEU.
Mais vous, qui vous vantez d'une rare prudence , Qu'avez-vous découvert ? qu'avez-vous su ? Comineiit Devait-on de Stuart tenter l'enlèvement? Saviez-vous les moyens , le moment , les complices ? Saviez-vous qu'en secret riant de vos supplices , Le neveu de Paulet , Mortimcr , sous vos yeux Était près d'accomplir ce complot odieux? Qu'il était un vengeur de sa nouvelle éj^lise ? Un envoyé de Sixte , un instrument de Guise , Un amant de Marie ; enfin , pour la sauver, Un homme audacieux et prêt à tout braver?
ELISABETH
Burleigh!
LEICESTEn.
Qui de nous deux, milord, le plus fidèle, A d'abord découvert sa trame ciiminclîe? Qui détourna le coup qu'un traître allait tenter? Qui surprit ses aveux? qui l'a fait arrêter? Moi.
é:lisabetii.
Comment!
LEICESTEK.
A l'instant , ici, dans ce lieu même.
Oui , madame , Stuart m'ollrait un diadème. Oui, tout-à-l'hcure, ici, cherchant à m'éprouvcr, .Son secret émissaire est venu me trouver. Jeune, ardent , fanatique, à travers son langage, A travers l'imprudence ordinaire à son âge, ° Mes yeux ont entrevu qu'un complot apprêté
Nallcndait qu'un signal pour être exécuté. Grâce au masque trompeur que soudain j'ai su prendre, Au fond de ce complot mes yeux ont pu descendre; J'en ai pu par degrés saisir tous les détours ; l'A, du jeune imprudent excitant les discours. Pour mieux encourager sa folle confiance. J'ai feint de lui montrer un cœur sans défiance ; J'ai de votre pouvoir hautement murmuré , J'ai promis le secours par Marie imploré. Enfin, quand ses aveux m'eurent tout fait connaître. Du perfide aussitôt je me suis rendu maître. Vos gardes l'ont saisi par mon commandement , Madame; et dés demain l'éclat d un jugement. Des courtisans jaloux confondant l'espérance , Saura, puisqu'il le faut, montrer mon innocence.
ELISABETH
Abîme impénétrable à mes esprits confus! Insupportable doute 1
BCRLEIGH.
Eh bien , ne doutez plus.
Le comte est innocent ; son discours est sincère ; Croyez-en, comme moi, l'excuse tout entière. Cependant, qu'il poursuive, et qu'il daigne achever. S'il trahissait Marie, il doit vous le prouver. Naguère il conseillait qu'on laissât suspendue La sentence contre elle à Westminster rendue : Mais, si quehjue complot s'armait en sa faveur , Qu'alors les justes lois reprissent leur rigueur. L'heure est venue enfin. Sa voix sans artifice Sans doute va presser l'instant de la justice, (A Leicesler.) Est-ce votre conseil?
LEICESTEB.
Je ne m'en défends pas.
BUKLEIGU.
Croyez-le donc, madame, et signez ce trépas Dont ses propres avis révèlent l'importance. J'ose me joindre au comte ; et voici la sentence.
ELISABETH
Ah! que me montrez-vous'P qu'exigez-vous de moi?
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