UN SEIGNEUR
Pour avoir vaillamment défendu Zahara, Tu m'as donné la croix verte d'Alcantara ; Je neveux rien avoir de toi, vieillard immonde, Dont la race a vendu le Rédempteur du monde. (Il jette son collier à ses pieds. — Diégarias , qui est resté immobile et muet sous l'affront , marche lentement vers don Sanche. Celui-ci est à l'extrémité opposée.)
DIÉGARIAS, à don Sanclie, avec un mélange de dé
dain, de mépris et d'ironie.
Don Sanche d'Alcora , je t'ai fait chevalier. De mes mains j'ai choisi le glaive et le collier, Je l'ai mis à la cour et l'ai fait grand d'Espagne; Je t'ai donné châteaux et fiefs dans la campagne; Tout cela pour avoir, loi jeune et sans effroi, Dans un jour de combat sauvé la vie au roi... Tu ne peux, vois-lu bien, rester dans le silence... Parle... de mes bienfaits j'attends la récompense.
DON SANCHE, bas.
Dans trois jours , au plus tard , un vieillard , en
[mon nom.
Ira se présenter au seuil de ta maison ; Il te dira : Viens-tu? c'est Lopez qu'on me nomme. Si tu veux te venger, tu peux suivre cet homme.
Où ?
DIÉGARIAS, bas.
DON SANCHE, de même.
Chez moi.
DIÉGARIAS, de même.
Vous avez pitié d'un malheureux.
(Prenant la main de sa Qlle et s'éloignant.)
Au lieu d'une vengeance, allons, j'en aurai deux.
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