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ACTE 111, SCÈNK IV

RONALD

Ah ! la lionlt^ m'accable!...

lalerdit (levant vous, tremblant comme un coupable. . Oh! bien coupable!...

ISABELLE

Non : Dieu le voulait ainsi !

Son invisible main nous a conduits ici.

RONALD

Quel langage -'

ISABELLE

Ronald, mon calme vous étonne?

Je souffrais, j'ai prié : Dieu, m'a vue, il me donne La force d'oublier les choses d'ici-bas : Le monde est mort pour moi.

RONALD

Je ne vous comprends pas

ISABELLE

Prince, vous souvient-il qu'autrefois Isabelle, D'hommages entourée, heureuse, fière et belle ; Au milieu des tournois, des fêles, des plaisirs, Pouvait changer en lois ses plus simples désirs? Pour un de ses regards, dans la lice poudreuse, Se heurtait des guerriers l'audace aventureuse, Sur les marches d'un trône elle devait s'asseoir ; C'est un cloître aujourd'hui qui va la recevoir.

RONALD

Un cloître!...

J'ai choisi cette sainte demeure.

J'abandonne ce monde où l'on souffre, où l'on pleure Ce monde où j'ai souffert et pleuré !

RONALD

Mais enfin.

Votre frère voudra combattre ce dessein ; Il ne permettra pas qu'à son amour ravie...

ISABELLE

C'est pour lui qu'au Seigneur je consacre ma vie. Durant la nuit terrible où la rage des vents Emportait son vaisseau sur les flots mugissants, Lorsqu'au feu des éclairs qui déchiraient la nue, Je l'aperçus debout, près d'un mât, tète nue. Toujours calme, les yeux pleins d'un reproche amer, Se détacher du ciel pour défier la mer ; Quand j'entendis sa voix, au fort de la tempête, Dire : Seigneur, Seigneur, ta volonté soit faite. Rien ne peut nous sauver. A d'autres le bonheur De délivrer l'Ecosse et lui rendre l'honneur!...

A tout jamais, adieu, combats, gloire et patrie !... Je sentis, à ces mots, que mon âme engourdie Se ranimait. Tout bas, dans mon cœur, je fis vœu. Si Dieu nous délivrait, de me donner à Dieu. Le roi Bruce est sauvé !... L'Ecosse le rappelle... Désormais, rien ne peut dégager Isabelle. Avant le jour heureux qne vous nommez fatal, Qui doit cacher mon front sous le voile claustral. J'ai voulu vous revoir, vous supplier encore En faveur du héros que tout un peuple implore. Il dort tranquille et fier à votre honneur livré ; Des pièges qu'on lui tend que par vous délivré Il joigne les amis qui s'arment pour sa cause. Je sais à quels périls par là je vous expose ; Mais plus le sacrifice est grand, plus un grand cœur Doit éprouver d'orgueil à l'accomplir. Seigneur, Adieu. Dites mes vœux à votre fiancée ; Gardez-moi tous les deux place en votre pensée. Dans le cloître où mes jours se vont ensevelir. De tout ce que j'aimai, je veux me souvenir. Mon àme confondra dans sa sainte prière Ronald et son épouse, et l'Ecosse et mon frère ! Tranquille, auprès de lui, je m'en vais maintenant Attendre les effets de votre dévoùment.

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