‹ Magasin théâtralChapitre 794 sur 1475 · ACTE m, SCKiNE Vl · texte numérisé non relu

ACTE m, SCKiNE Vl

lORN

Je sais qu'il est ici, tedis-je...

RONALD

L'a-t-on vu ?

LORN.

Enfin donc, à mes coups, rien ne peut le soustraire.

RONALD

Un homme cependant a juré de le faire.

LORN.

C'est un serment perdu.

RONALD

Celui qui l'a prêté Le tiendra, car il a puissance et -volonté.

LORN.

Au monde je ne sais volonté ni puissance, Qui puisse m'arracher l'objet de ma vengeance.

RONALD

Et libre, cependant, il quittera ces lieux.

LORN.

Ni libre, ni vivant.

RONALD

Je l'ai dit, je le veux!

LORN.

Voyons, entre nous deux point de querelle vaine...

Tu me connais, tu sais la cause de ma haine,

Tu sais que rien ne peut me la faire abjurer...

Qui toi? sauver Robert!... on te l'a fait jurer,

N'est-ce pas ? Par des pleurs tu t'es laissé surprendre?

Puis, ce sont de s^rands mots que Ton t'a fait entendre :

On t'a parlé d'honneur, de générosité,

Du noble et saint devoir de rhospitalité ;

Et toi, tout attendri, plein d'un zèle sublime,

Tu juras de sauver la royale victime,

I'>e répandre ton sang pour elle- Et, t'a-t-on dit:

Celui que vous sauvez par l'EgUse est maudit;

C'est un lâche assassin frappé deTanathème ;

Qui l'abrite est souillé, qui le nomme blasphème!

T'a-t-on dit tout cela? Moi, je te dis aussi :

Ronald, à ta promesse as-tu bien réfléchi?

As tu pensé qu'Edith...

RONALD

Ne me parle pas d'elle, Ou je serais parjure.

LORN.

Elle pleure et t'appelle.

Elle souffre.

38 KOBEKT BKUCE.

RONALD-

Tais-toi ! ton esprit infernal Se sert de mon amour pour m'entraîner au mal. Pour me faire commettre une action infâme, Abuser du pouvoir qu'Edith a sur mon âme, C'est une lâcheté!... Tremblant, irrésolu, Je frémis d'oublier ce que j'avais voulu. Mille pensers divers dans ma tête fermentent. Et toi, loin d'apaiser les soins qui me tourmentent, Loin de prêter ta force à mon cœur combattu, Tu tâches d'en chasser un reste de vertu!... Eh bien, non ! malgré toi, je tiendrai ma promesse ; En agir autrement serait une bassesse.

.le n'en commettrai point, le proscrit partira : Contre ses ennemis ce fer le défendra.

LORN.

Contre moi?

RONALD

. Contre tous ; ma parole est donnée.

LORN-

Tu brises nos liens-

RONALD -

Telle est ma destinée.

LORN-

Tu le veux?-..

RONALD-

Il le faut : je cède.

LORN-

Ecoute-moi- Je veux à ton destin t'arracher malgré toi, Te sauver des douleurs que ta vertu s'apprête- Je n'ai qu'à dire un mot : plus d'hymen, plus de fête.-. Sois tranquille: ce mot, je ne le dirai pas. Pour ma sœur et pour nous, cessons de vains débats. Que Bruce parte donc, puisque ta foi le garde. Qu'il parte... Son destin désormais te reizarde. Sans doute, il eût été plus sur et plus prudent De le hvrer sur l'heure à l'Anglais qui l'attend : Mais ta conviction de la mienne diffère. Captif, c'était la paix; délivré,, c'est la guerre; Une guerre acharnée, horrible! car il faut Vainqueur qu'il ait le trône, ou vaincu l'échafaud ! Mais tu le veux, qu'il parte.-:

RONALD

Ah ! tu me rends la vie Je vais le conjurer de s'éloigner- Qu'il fuie, Qu'il rassemble s'il veut les restes dispersés

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