SCÈNE VII
DUVERNOI PÈRE, DUVERNOI fils.
DtJVERNOI FILS, courant embrasser son père. Ah ! que j'ai de plaisir à vous revoir, mon père ! Mais sur votre retour pourquoi dissimuler? Au-devant de vos pas vous m'eussiez vu voler.
DCVERNOI PÈRE.
Vous m'aimez donc toujours?
DUVERNOI FILS.
Comment ! si je vous En pouvez-vous douter? [aime !
DUVERNOI PÈRE.
L'indifférence extrême Que prouve dès long-temps ton séjour à Paris...
DUVERNOI FILS.
Vos désirs désormais par moi seront remplis. Je conviens de mes torts, et cependant j'espère Qu'instruit de mes motifs vous serez moins sévère, Que vous me permettrez de rester eri ces lieux Où me retient encore un projet sérieux.
DUVERNOI PÈRE.
Un projet sérieux ! parlez, je vous en prie.
DUVERNOI FILS.
Oui, mon père, il y va du bonheur de ma vie. L'hymen doit embellir le reste de nos jours.
DUVERNOI PÈRE.
Vous allez me parler de vos folles amours.
DUVERNOI FILS.
Eu êles-vous instruit?
DUVERNOI PÈRE.
Bien plus que l'on ne p^nse.
DUVERNOI FILS.
Eh! qui vous en a fait déjà la confidence?
DUVERNOI PÈRE.
Que t'importe, pourvu que je sois informé Du lien dangereux dont ton ca;ur est charmé?
DUVERNOI FILS.
Dangereux, dites-vous? Mon choix est raisonnable; Et Pauline, mon père, est riche, sage, aimable.
nUVER.NOi PERE.
Elle est riche, elle est sage ; un amant, en effet , Dans un objet aimé voit un objet parfait. 3Iais c'est peu qu'à tes yeux toute sa vertu brille. Il faut qu'on la retrouve aussi dans sa famille.
DUVERNOI FILS.
Sa famille à vos yeux sans crainte peut s'offrir. Et du choix que j'ai fait je n'ai point à rougir. Oui, j'adore la fille , et j'honore la mère. Sa vertu chaque jour me la rendit pins chère ; Et vous l'estimerez en la connaissant mieux.
Et son époux a-t-il ce mérite à tes yeux?
DUVERNOI FILS.
Votre fils, il est vrai, ne connaît point encore Le père et les parents de celle qu'il adore ; , Mais, avant de former des nœuds si désirés, Vous les verrez, mon père, etvous les connaîtrez.
DUVERNOI PÈRE, en colère.
J'ai prévu les raisons qu'un fol amourt'inspire. Et pour t'en corriger je n'ai qu'un mot à dire. Je condamne l'amour dont ton cœur est épris , Et je veux qu'à l'instant tu partes de Paris.
DUVERNOI FILS.
En vous obéissant ma douleur est extrême.
DUVERNOI PÈRE.
Vous me suivrez, mon fils; je pars à l'instant même.
DUVERNOI FILS.
Partir sans leur parler?
DUVERNOI PÈRE.
Il ne faut plus les voii".
DUVERNOI FILS.
Mon père...
DUVERNOI PÈRE.
Éloignez-vous.
DUVERNOI FILS.
Je suis au désespoir.
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