‹ Magasin théâtralChapitre 846 sur 1475 · CÉSAR, URSULE · texte numérisé non relu

CÉSAR, URSULE

URSULE, à part. Des principes sévères... monsieurCésar !...

CÉSAR, vivement. Madame!

URSULE. Ah ! monsieur.

CÉSAR. Madame de Nohan ne sait donc pas votre nom?... le nom de votre mari?...

URSULE. Le nom ûe mou mari? me l'a-telle demandé?

CÉSAR. Non... ob ! non... je ne le crois pas... Mais vous, madame... que venez-vous faire ici ?...

URSULE. J'y viens avec ma mère!

CÉSAR. Madame d'Aigueperse ?

URSULE. Elle est dans la maison... je l'attends...

CÉSAR. Madame d'Aigueperse.. elle est...

elle va venir .. [À part.) Ah! s'il se trouve face a face... [Haut.) Et votre mari?

ui'.suLE II est à la campagne.

ciSAR. A la campagne !... vous en êles bien sûre ?...

URSi LE. .Sans doute... mais pourquoi?...

(.É.SAR. Ah ! c'est que je croyais l'avoir vu au mileii de quelques joyeux amis! Je me serai trompé... n'est-ce pas, madame?

URSULE. Assurément, monsieur...

CÉSAR. A moins qu'il n'ait profité... d'.sn moment de liberté... pour rester à Pari.s. .. en secret... et tromper gaiement la tyrannie de sa belle-mère et de sa femme !

URSULE. Monsieur... monsieur...

CÉSAR. Toutes les tyrannies se ressemblent... elles font des malheureux ou des hypocrites.

URSULE. Je ne vous comprends pasi

CÉSAR. Eh bien ! madame. [A part.) C'est le seul moyen de nous sauver tous! {Haut.) Si, dans un monde qui lui est interdit par vous, par votre mère, il jouissait de cette liberté... de ces plaisirs... qu'on n'aime jamais plus que lorsqu'on en est privé... Si, grâce à cette surveillance qui le blesse et le fatigue, il cherchait, loin de vous, un bonheur qu'il devrait trouver chez lui !... [Ursule le regarde. ) Ah ! sous ce rapport-là, entre nous... ce pauvre Colombet n'est pas gâté!...

URSULE. Monsieur... je remplis mes aevoirs...

CÉSAR. Oui, bien, très-bien !... trop bien, peut-être... mais il y a autre chose dans la vie... Oui, madame, un ménage n'est pas un couvent... et telle conduite... parfaite pour le cloître, est un contre-sens dans le monde... Oh ! cette vie, à laquelle vous vous condamnez, vous plaît, vous convient vous y êtes habituée dès l'enfance... A la bonne heure... mais Colombet... c'est bien différent. Avant son mariage, il a goûté des plaisirs, des distractions de la société. Et croyezvous avoir pu tout à coup l'en priver impunément?... le renfermer dans l'austérité de votre maison ? le confisquer au profit de madame voire mère et de monsieur Matthieu ?

URSULE. Monsieur ! monsieur ! je ne sais ce que vons voulez dire... assurément, mou mari m'aime trop pour se plaindre...

CÉSAR. Et à qui voulez -vous qu'il s( plaigne? à vous!... Mais vous-même, êtesvous bien pour lui ce que vous devriez être 7 Si j'en crois ce que j'ai vu... ce que les confidences de Colombet ont pu m'appreudre...

URSULE Ses confidences! . . Il vousa dii?. . .

CÉSAR. Que vous êies fille trop dévouée. La volonté de votre mère passe avant celle de votre mari. Il a une feiume jeune, johe... (Mouvement d'Urtule.) Pardon. . je uc dj&

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pas cela pour \ous faire de la peine. El je le répète. . une femme jeune ei jolie qu'il voudrait cliénr tout à son aise, tout seul et à sa '^uise. . Et madame d'Aigueperse est toujours là en tiers . c'est désagréable... On lui enlève jusfju'à votre amour... le seul plaisir (pii p;)isse lui faire oublier tous les autres.- . Et tous les autres, s'il les cherche ailleurs, peuvent lui faire oublier jusqu'à celui-là!..

unsLLE. Oh! monsieur, c'est impossible!... Il a des idées trop sages, trop honnêtes... Il tsl iropheuieux, oui, monsieur, trop heuleux, pour chercher adleurs, comme vous le ditrs...

CÉSAR Permettez... Je signale un danger... qui est une leçon peut-être...

URSULE. Il est à la campagne. . . où il pense à moi, à ses devoirs.

SCÈiNE XV.

Les Mêmes, COLOMBET.

Il entre gaiement sans voir Ursule cachée par César.

COLOMDtT , à la cantonade. A table !

à table!... qui m'aime me suive!... Edmond! César!... {A Cés(tr.) Viens donc, caromio... Le coup d'œil est magnifique...

URSULE. Oh ! je me trompe ! ce n'est pas ! .

COLOMBET, chantant:

« Cent esclaves ornaient ce superbe festin, » Et dans des vases d'or »

URSULE, se montrant. Mon mari!..

COLOMBET. Ah! bah! ma...

URSULE*. Monsieur., monsieur... que faites-vous ici ?

COLOMBET. Pardon, chère amie! C'est ce que j'allais... vous demander...

CÉSAR. Oh! madame est venue pour une œuvre charitable. . .

COLfMBET. Ah! vous êtes ici pour... Au f dit, la circulaire. . . commecela se trouve! ... Et moi aussi, je quête.

URSULE Non, monsieur... non... je saurai pourquoi vous m'avez trompée !

COLOMBET. N'allez pas croire... .l'ai des raisons... morales...

URSULE. Je ne vous les de.Tiande pas ..

COLOMBET. Bonne petite femme!

URSULE. Colombet !... Emmenez -moi , monsieur... Emmenez-moi! Oh! j'étoufle dans cette maison... Partons...

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