SCÈNE II
LOUISE, EMMERIC, M. DE SAINT-GERAN.
EMMERIC, s'approchant respectueusement de
Louise qu'il salue.
Madame la comtesse se porte-t-elle bien? LOUISE, Iroidement et lui iaisant la révérence. Très bien. Monsieur... (Se mettant à gauclie devant son métier à broder. ) Je sais que VOUS avez à parler d'affaires avec M. le comte, je ne vous en empêche pas !
M. DE SAINT GERAN, attirant Emmeric près de lui à droite, et à voix basse.
Je me doute que vous avez un long récit à me faire... Vous venez de chez elle !..
EMMERIC, troublé.
C'est-à-dire, Monsieur...
M. DE SAINT-GERAN.
Ah ! vous nous l'aviez promis.
EMMERIC.
Et je l'ai fait... non sans hésiter, j'en conviens... mais il y avait là du monde que je ne m'attendais pas à y rencontrer... et je n'ai pas encore pu lui parler.
M. DE SAINT-GERAN, riant.
Vous en avez été ravi...
EMMERIC, naïvement.
C'est vrai !.. car tout ce qui peut retarder une pareille explication...
M. DE SAINT-GERAN, souriant.
Eh bien ! que vous disais-je ? vous le voyez déjà?.. On ne brise pas à son gré de pareils ntcuds.
EMMERIC.
J'y parviendrai, je vous le jure!
M. DE SAINT-GERAN.
Eh bien! alors, il faut y retourner! il faut tout lu idire ! le plus tôt vaut le mieux.
EMMERIC.
Oui, Monsieur.
M. DE SAINT-GERAN.
A la bonne heure!.. Je vous reverrai aujourd'hui , dès que tout sera terminé.
EMMERIC.
Tantôt... ce soir, je l'espère.
M. DE SAINT-GERAN.
J'attends votre ami Ballandard, qui doit passer ici en sortant du Palais, et, avant, je vais mettre en ordre des papiers que je lui ai promis... et dont il a besoin pour notre procès... Vous le permettez ?
EMMERIC, s'inclinant.
Comment donc , M. le Comte...
M. DE SAINT-GERAN, lui tendant la main. Ainsi, à tantôt...
(M. de Saint-Geran sort par la porte du fond.)