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SCÈNE XIX

DUVERNOI PÈRE , DUBREUIL.

nUBTiECIL fait un geste pour demander à Duvernoi la permission d'ouvrir sa lettre.

Agréable surprise !

La lettre est de Pauline. Ah ! mon cher, tu vas voir Comme dans cet écrit elle aura mis de charmes.

DDVEHSOI PÈRE, à part.

D'avance je le crois.

DUBREUIL lit.

« Je suis au désespoir, « Et ma bonne maman répand aussi des larmes. » O ciel ! qui peut causer leur crainte et leurs alar-

(II lit avec plus d'émotion.)

u Un traître en votre absence ose nous outrager.

" Par une affreuse calomnie , « 11 nous accuse tous, et trouble notre vie :

« Hâtez-vous, venez nous venger.

K Mon cœur est si navré de cette perfidie ,

" Que je pleure en vous l'écrivant,

« Et que vous frémirez sans doute en la lisant. « Venez donc au plus tôt, et, si je vous suis chère, « Ne tardez pas à consoler ma mère [saut. »

i< Des chagrins que nous cause un homme médi- N'est-ce point une erreur, un songe, une imposture ? Non , je la reconnais, voilà sa signature. INIéconnaitrai-je, ô ciel ! l'écrit qu'elle a signé, L'écrit qui de ses pleurs paraît eucor baigné? Cher ami , que dis-tu de cette horreur nouvelle ?

DUVERNOI PÈRE.

Je dis que ta douleur me paraît naturelle ; Que voilà de quoi rendre un père malheureux. Et que les médisants sont deshomnies affreux.

DUBREUIL , avec force.

Celui-ci me parait un homme abominable. (En changeant de ton.)

On peut, je l'avouerai , sans être trop coupable, Fiire d'une coquette, attaquer un pédant, Sur quelque sot titré lancer un trait mordant ; Mais oser tourmenter uu être sans défense, Faire couler les pleurs de l'aimable innocence, C'est un crime, une horreur ; et, pour mieux le pu- De Paris à l'instant, ami, je vais partir. ["i'"5

DUVERKOI PÈRE.

Je vois avec douleur combien l'on te chagrine.

DUBREUIL

Ah ! qu'il me paiera cher les pleurs de ma Pauline !

Cher enfant, je te vois, et j'entends ta douleur;

Ta plainte a retenti jusqu'au fond de mon cœur.

Non, tu ne seras plus séparé de ton père ;

Et, quel que soit le rang de l'homme téméraire

Dont les propos affreux ont osé t'outrager,

Je saurai l'en punir, et je cours te venger.

( Il sort. ) DDVERSOI PÈRE.

De l'homme voilà bien l'inconséquence extrême ; Il condamne un défaut qu'il a souvent lui-même !

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