SCÈNE VI
EMMERIC, LOUISE.
EMMERIC.
Oui... il faut rentrer à l'hôtel avant que M. de Saint-G'ran n'y retourne... car, s'il vous demandait... s'il ne vous y trouvait pas... LOUISE , hors d'ellc-incme.
Je comprends... vous avez raison... Mais pardonnez-moi... tant d'idées se confondent... la crainte et la joie... Vous m'aviez quittée , disiezvous, pour les préparatifs de ce départ. Je croyais que vous m'aviez trompée ; je vous croyais mort, et, alors, malgré moi... sans le vouloir... je suis sortie de chez vous... j'ai descendu cet escalier... J'étais folle.
EMMERIC, inquiet et regardant autour de lui.
Venez!.. Ne songeons qu'à votre sûreté... LOUISE, sans l'écouter.
Oui, oui. il est donc vrai ! vous alliez tout sacrifier pour moi... votre famille, votre pairie !.. Tant d'amour, malgré mes outrages!.. Vous voyez bien que nous nous aimions toujours ; qu'unis par le danger, rien ne peut plus nous sépaier !.. Et quant à ce mariage...
EMMERIC, avec effroi.
Qu'osez-yous dire ?
LOUISE, vivement.
Votre parole est donnée , je le sais ! Vous no pouvez maintenant la dégager... Mais, moi... je m'en charge.
EMMERIC, effrayé.
Grand Dieu!.. Venez, vous dis-je... ne restons pas ici.
LOUISE
Et pourquoi?
EMMERIC.
Si l'on vous voyait ainsi , le matin , chez t^ncle...
LOl'ISF..
C'est vrai !.. Je n'y pensais pas.
EMMERIC.
Hemontons chez moi... attendre Dallandard (lis font quelques pas el s'arrèlent.) Non, écoutez... On parie.
ALINE, en dehors.
Counnenl ! il est déjà veiui !..
EMMERIC.
C'est la voix de ma cousine...
LOUISE, eftiayée.
Ah !.. qu'elle ne me voie pas !
EMMERIC, lui monlraiU la p;)rtc à droite. Là... là... Ne craignez rien.
LOUISE, liésiiant.
F, t cependant...
EMMERIC.
Non ! De grâce... si vous m'aimez...
(Louise entre dans le cabinet à droite, dont Emraeric ferme la i)orle.)