‹ Magasin théâtralChapitre 935 sur 1475 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

CLÉRAMBEAU, allant ouvrir la porte à droite, puis LOUISE.

CLÉRAMBEAU.

Partez, Madame, j'ai éloigné le danger.

LOUISE, chancelant et s'appuyantsur le tauteutl qui est près d'elle.

Ah! mes genoux fléchissent.

CLÉRAMBEAY, effrayé.

Au nom du ciel !

LOUISE

Vous qui m'avez sauvé Phonneur et la vie... par grâce, écoutez-moi!..

CLÉRAMBEAU, regardant vers la porte à gauche.

On peut revenir!..

LOUISE , avec égarement.

Qu'importe? si je vous sauve à mon tour... si j'empêche ce mariage, auquel vous ne pouvez consentir ni moi non plus! (Se reprenant.) Pardon, Monsieur, pardon, je ne veux pas vous oflenser, au contraire... je ne veux que votre bonheur et celui de votre fille... Elle ne serait pas heureuse , il ne l'aimerait pas.

CLÉRAMBEAY.

Tes liens, comme il le disait... n'étaient donc pas rompus?..

LOUISE

Si, vraiment! hier... ici-même... Ah! j'avais de la force alors! j'avais du courage; je croyais qu'il ne m'aimait plus. (Avec joie.) Mais je m'abusais et lui aussi. Dès qu'il a su mes dangers...

CLÉRAMBEAU.

Est-il possible ?

LOUISE

Il voulait tout quitter, s'exiler avec moi.

CLÉRAMBEAU, sévèrement.

Avec vous !

LOUISE

Ah!., ne m'accablez pas. Monsieur!.. Je sais combien je suis coupable; mais à qui confier mes craintes et mes tourmens... je n'ai plus de père!.. Si j'en avais un... je tomberais à ses pieds, je lui dirais: Prenez pitié de moi !.. pardonnez à ma raison qui s'égare... défendez-moi contre moi-même... empèchez-tnoi de me perdre... (Tombant à ses genoux.) car moi, je ne peux rien, que l'aimer !

CLÉRAMBEAU, attendri et cherchant à la relever.

Madame, Madame... mon enlant!

LOUISE, se relevant, avec joie.

Mon enfant ! vous l'avez dit !

CLÉRAMBEAU.

Oui, c'est à moi de veiller sur vous... mais partez , au nom du ciel !

Je pars, je vous obéis... si vous me jurez que

ce mariage n'aura pas lieu.

CLÉRAMBEAU, regardant vers la porte à gauche. On vient... peut-être votre mari.

LOUISE

Mon juge! il saura tout... (Avec joie.) Non, c'est Emmeric.

Page 1