‹ Magasin théâtralChapitre 957 sur 1475 · ACTE ï, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE ï, SCENE VII

LA DUCHESSE , fièrement.

Je ne vous la ferai point attendre. Je devais présenter mon rapport à la reine sur l'admission de mademoiselle , et qu'elle soit ou non ma parente, cela ne changera rien à ma décision ; je la ferai connaître à sa majesté... à elle seule!... Quant à vous, monsieur, il vous suffira de savoir que je n'ai jamais rien accordé à la menace, arme impuissante, du reste, que je dédaigne... et si j'y ai recours aujourd'hui, c'est que vous m'y aurez forcée... Quand on est publicisle, monsieur de Saint-Jean, et surtout quand on est de l'opposition, avant de vouloir mettre de l'ordre dans les affaires de lÉtat , il faut en mettre dans les siennes. C'est ce que vous n'avez pas fait.... Vous avez des dettes énormes... prés d'un million de France, que vos créanciers impatiens et désespérés m'ont cédé pour un sixième payé comptant... J'ai tout racheté... moi si avide, si intéressée... Vous ne m'accuserez pas celte fois de vouloir m'enrichir... ( Souriant. ) car ces créances, sont, dit-on , désastreuses... mais elles ont un avantage... celui d'emporter la contrainte par corps... avantage dont je n'ai pu proflter encore avec un membre delà chambre des communes... mais demain flnil la session , et si la piquante anecdote dont vous parliez tout à l'heure paraît dans le journal du malin... le journal du soir annoncera que son spirituel auteur, M. de Saint-Jean , compose en ce moment, à Newgate, un traité sur l'art de faire des dettes... Mais je ne crains rien, monsieur, vous éles trop nécessaire à vos amis et à l'opposition pour vouloir les priver de votre présence, et quelque pénible que soit le silence pour un orateur aussi éloquent, vous comprendrez mieux que moi encore la nécessité de vous taire.

(Elle fait la révérence et sort.)

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