ACTE IF, SCENE X
BOI.Nr.lîUOKE.
Lisons !
ABIGAIL , lisant la lettre.
« Vous ôles ofiBcier ! j'ai tenu ma parole... tenez » la vôtre en continuant à m'obéir; tous les ma- » tins montrez-vous à la chapelle, et tous les soirs » au jeu de la reine. Bientôt viendra le moment » où je me ferai connaître... D'ici là, silence e' » obéissance à mes ordres, sinon, malheur a » vous!... »
ABIGAIL.
Et quels ordres , je vous le demande
BOLINGBnOKE.
Celui de ne pas se marier.
ABIGAIL.
Une protection à ce prix-là , c'est terrible
BOLINGBROKE
Plus que vous ne croyez , peut-être?
ABIGAIL.
Et pourquoi?
BOLINGBROKE, souriant.
C'est que ce protecteur mystérieux...
ABIGAIL.
Un ami de son père!... un lord !
BOLINGBROKE, de même.
Je parierais plutôt pour une lady.
Allons donc ! Lui ! Arthur! un jeune homme si ange , et surtout si fidèle !
BOLINGBROKE
Ce n'est pas sa faute, si on le protège maigre lui et incognito.
ABIGAIL.
Ah ! ce n'est pas possible , et ce posl-scriptum nous dira peui-ctre...
BOLiNGBROKE , gaîmenl.
Ah ! il y a un post-scriptum ?
ABIGAIL , lisant avec émotion.
« J'envoie à M. le capitaine Masham les insi- » gnes de son nouveau grade. »
BOLIKGBROKE, Ouvrant la boîte qu'il lient. Des ferrets en diamans d'un goût et d'une magriificence... c'est bien cela.
ABIGAIL , les regardant.
O ciel!... je sais qui! Ces diamans. je les reconnais ! Ils ont été achetés dans les magasins de maître Tomwood et vendus par moi , la semaine dernière...
BOLI.XGCRORe.
A qui?... parlez?
ABIGAIL.
Oh! je ne le puis!... je n'ose... .A une bien grande dame , et je suis perdue si Arthur en est aimé.
BOLINGBROEE.
Que vous importe ! s'il ne l'aime point , s'il ne s'en doute même pas?
ABIGAIL.
11 le saura... je vais tout lui dire...
BOLINGBROKE , la tenant par la main.
Non... si vous m'en croyez... il l'ignorera toujours !
ABIGAIL.
Pourquoi donc?
BOLINGBROKE
Ma pauvre enfant!, .vous ne connaissez pas les hommes! Le p!us modeste et le moins fat a tant de vanité ! Il est si flatteur de se savoir aimé d'une grande dame!... Et s'il est vrai que telle-la soit si redoutable...
ABIGAIL.
Plus que je ne peux vous le dire.
BOLI.NGBROKE.
Et quelle est-elle donc?
ABIGAIL , montrant la duchesse qui entre par la galerie à droite.
La voici !
BOLIMGBKOKE, vivement et lui prenant la lettre qu'elle tient.
La duchesse!... (A Abi^ail qu'il renvoie.) Laissez-nous... laissez-nous.
ABIGAIL.
Elle m'avait dit de l'attendre...
BOLINGBROKE , la poussant par la porte à gauche. Eh bien! c'est moi qu'elle trouvera!... (A pan.} O fortune tu me devais celle revanche. .
OOûOOOOOûOOOOOOOûOOOOOOOOOOOOOûOOOiOOOaOOOOOOOOOOOSi.