SCÈNE V
Les Mêmes, ABIGAIL^
LA REINE
Ah! c'est toi Abigaïl?... plus tard je te parlerai.
Eh! non, madame, c'est sur-le-champ ! Un ami qui vous est dévoué... et qui me demande avec instance de le faire arriver jusqu'à votre majesté !
LA REi>'E, avec humeur.
Toujours interrompue et dérangée... pas un nstanl pour s'occuper d'affaires sérieuses !... Que me veut-on?... quelle est cette personne?
ABIGaIL.
Lord Bolingbroke.
LA REINE , avec effroi et se levant, liolingbroke!...
ABIGAIL.
Il s'agit, dit-il, de la question la plus grave, la plus importante !
LA REINE, à part, avec impatience.
Encore des réclamations , des plaintes , des discussions... (Haut.) C'est impossible... la duchesse va venir.
abigaïl.
Eh bien ! avant qu'elle ne revienne!
LA REINE
Je l'ai dit que je ne voulais plus être tourmentée, ni entendre parler d'affaires d'État!... D'ailleurs maintenant cette entrevue ne servirait à rien !
abigaïl.
Alors , voyez-le toujours , ne ftît-ce que pour
le congédier. ..car j'ai dit qu'on le laissât mouler
LA REINE
Et la duchesse que j'attends cl qui va se rencontrer avec lui ?... Qu'avcz-\ous fait?
arigail.
Punissez-moi . madame , car le voici ! LA REINE , avec colère et traversant le ihéâlre. Laissez-nous !
abigaïl, à Bolingbroke qu'elle rencontre au fond du théâtre et à voix busse.
Elle est mal disposée !
MASilAM , de même.
Et vous n'y pourrez rien !
BOLIXGItUOKE.
Qui sait?... le talent... ou le hasard !... celuilà surtout!... (Abigaïl et Masham sortent.)
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