SCENE PRE31IERE
GERVAISE, MARIE, M^e DE SAINT-CERNIN, assises sur le banc; puis LANTHEUIL.
M™^ DE SAINT-CERNIN.
Sainte Vierge ! que nous sommes heureuses d'a-
voir trouvé ce banc î j'étais si faliguée, et il y a tant de monde aux Tuileries aujourd'hui!
GERVAISE
Est-ce que madame la baronne ne va pas se mêler à la foule qui se porte vers le pont Kougu pour voir passer sa majcslé Louis XIII!
K'"" DE hAlNT-CEr.NlN.
En effet, voici l'heure où le roi va se rendre en grande pompe à JNoirc-Daine, pour remercier Dieu de la naissance du Dauphin, .le crois qu'il ne serait pas mal de nous trouver sur sa roule; ma nièce, vous devez être heureuse de le voir, car la haute protection qu'il daigne vous accorder...
UAUIE.
Oh ! ma tante I
M"'<^ DE SAiNT-CERSIN.
Comment, Marie, sericz-vous assez ingrate pour oublier que, orpheline et sans fortune, quoique de honne maison, vous auriez vécu obscure dans le fond d'une province, si sa majesté, qui vous avait distinguée à Tours, pendant le bal qui lui fut donné par la ville, n'avait daigné s'occuper de votre avenir, vous appeler avec moi à Paris et songer à votre ct.iblissement?
MARIE
Je ne l'oublie pas, ma tante.
M""= n: SAINT-CERNIN.
Vous semblez n'y pas penser assez. Depuis quelque temps vous êtes distraite, préoccupée; ce n'est pas naturel.
CERVAisE, re(jnrdni)t au loin.
Madame, madame, j'aperçois le cortège qui commence à défiler.
M"® DE SAiNT-CE[\NiN , se Icvaut.
Allons voir, d'autant plus que je ne suis pas très-rassurée ici; nous sommes près de la ménagerie, et l'on dit qu'il n'est pas rare de voir des animaux briser les barreaux de leurs cage» : la rencontre de pareils promeneurs m\i serait peu agréable.
GEIIVAISE.
Je le crois bien ! aussi quelle idée de placer d'aussi vilaines bcles dans un si beau jardin! LANTUEUiL, ciïlr'ouvrani la charmille à voix basse.
Marie!... un mot, de grâce!
MARIE, poussant iin cri.
Ah!