‹ Magasin théâtralChapitre 1113 sur 1711 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

LANTHEUIL, pttis MARIE.

LANTHEUIL, paraissant dans le plus grand abattement et pouvant se soritenir à peine.

J'erre dans les détours de ce Louvre, sans pouvoir reconnaître ma route; ma tète est si faible! Marie, la maîtresse du roi, la femme de Chamilly ! Ah! mais tout celan'est-il pas un songe?... Non, car me voici revenu à cette même place où l'horrible vérité s'est révélée à moi; c'est là qu'il m'entretenait, avec dessemblans d'amitié, de ses chagrins, et de sa femme... sa femme! elle, c'est là, c'est là qu'elle m'ap parut. {Marie paraît dans le fond du théâtre.) Mon erreur se prolonge-t-elle? suis-je en proie au vertige? est-ce encore elle?

MARIE, s'avançant.

Oui, c'est moi, monsieur le Lantheuil : je vous ai vu traversant la galerie, agité, pâle, défait, je n'ai pu résister au sentiment de pitié qui s'élevait pour vous dans mon cœur.

LANTHEUIL, uvcc amerlume.

La pitié !

Interprétez ce mot comme vous voudrez, mais voyez ce qu'il m*a fallu de courage, de résolution, pour que j'ose ici venir de moi-même affronter votre présence. Vous souffrez? moi aussi, je suis bien malheureuse; mais jel'ai mérité, sans doute!

LANTHEUIL.

Je ne l'ai pas mérité, moi, madame ; j'ai du courage aussi, et cependant mon malheur dépasse mes forces, jugez-en : 11 existait une jeune fille à qui j'avais donné mon cœur, à qui j'aurais donné ma vie. Dans ce temps, comme si le ciel eût pris plaisir à remplir mon ame de douces émotions, de sentimens de bonheur , j'avais un ami que j'aimais comme mon frère, il était le confident de mes amours... eh bien, cet ami, il m'a ravi ma maîtresse, cet ami, c'est le comte de Chamilly!

MARIE

Le comte de Chamilly î il savait... i^ elle-même.) Oh ! que je le hais ! ( Haut. ) Monsieur de Laniheuil, plaignez-moi, ne me condamnez pas avant de m'avoir entendue. {Elle lui tend la main, Lantheuil recule.) Ah ! mon Dieu, il ne veut pas que je Die justifie t

Elle pleure.

LANTHEUIL-

Vous justifier! oh ! faites-le, faites-le! trompezmoi encore s'il le faut, j'aurai delà joie à me laisser abuser; je veux avoir jusqu'à la fin confiance dans vos paroles, j'ai trop souffert en ouvrantl'oreille aux discours des autres: dites-moi que vous n'êtes pas mariée, j'y croirai, je tâcherai, pour ne pas mourir... Vous ne répondez point? vous pleurez, Marie, sur moi et sur vous, n'est-il pas vrai?sur moi, qui viens de voir se dissiper ma dernière illusion; sur vous, dont l'ame était créée pour la vertu peut-être.

MARIE, relevant la tête.

Monsieur!...

LANTHEDIL.

Car cette jeune fille que j'aimais, non seulement je l'ai retrouvée mariée, mais je l'ai retrouvée flétrie d'un titre odieux !

MARIE

Flétrie! qu'osez-vous dire? Quoi! Charles, c'est vous qui me calomniez !

LANTHEUIL.

N'étes-vous pas la comtesse do Chamilly?

MARIE, avec abattement.

Oui...

LANTHEL'IL, UVCC forCe.

Eh bien! la comtesse de Chamilly est la maîtresse du roil

Il sort.

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