SCENE XIX
M-»" MARGUERITE, endormie; KARL, puis RUTNER.
K\Vil.,enlrant avec précaution par laporte latérale à droite, et regardant de tous côtés sans apercevoir JIf"e Marguerite, cachée par le paravent. Personne !... (A la porte par laquelle il est entré.) Monsieur le comte, vous pouvez venir.
RUTNER.
As-tu exécuté mes ordres ?
KARL
Oui, monsieur le comte.
RUTNER, rudement.
Pourquoi n'es-tu pas venu me chercher plutôt, dans la tour des archives, où je m'étais réfugié ?
KARL
Je craignais d'attirer sur moi, et sur cette partie du château, les soupçons déjà éveillés par ce malheureux coup de feu ; vous n'y avez échappé que par miracle.
RUTNER.
Les imbéciles 1 ils ont passé tout près de moi, et ils ne m'ont pas vu ! mais j'étais bien tranquille, j'étais près de ma réserve de poudre, et ils ne m'auraient pas pris vivant!... Ah! messieurs les Français, vous avez trouvé que mon château était un bon gîte pour un état-major! vous y êtes entrés! [avec un éclat de voix) mais par l'âme de mes pères, vous n'en sortirez pas!
IMusique jusqu'à la fin.
M"e MARGUERITE, s' éveillant aveceffroi.
Ah!.., quelle est cette voix?
Elle écoute.
RUTNER.
A minuit, Mikaëlowitz doit allumer des feur sur l'autre rive, et m'avertir ainsi que nos hommes traversent le fleuve pour venir surprendre le château, qui n'est pas gardé de ce côté.
M™e MARGUERITE, à part.
Qu'entends-je I
RUTNER.
Et bientôt, les Français, endormis par tes soins, et livrés sans défense à nos coups, paieront cher leur prétendue victoire.
M™e MARGUERITE, à part.
Grand Dieu !
RUTNER.
Vois donc si je puis sans danger aller à la chambre du grand balcon.
KARL
Impossible! Frantzm'a dit qu'elle était occupée par le colonel français.
RUTNER.
Malédiction!... et c'est par ce balcon que je dois introduire les nôtres... Les Français m'échapperaient I... mais non... La clef du couloir dérobé ?
KARL
La voici.
RUTNER.
Le colonel, fatigué de sa journée, ne sera pas long à s'endormir.
KARL
Au nom du ciel, qu'allez-vous faire?
RUTNER.
As-tu donc oublié qu'on m'appelait le Tueur?
Vt.'^^ MARGUERITE, avcc horreur.
Oh! c'est lui! c'est lui!...
Elle tonilje évanouie. Le coin le, près «Venlrer à yautlie, fait si"ne à Karl de se retirer.
LES PRUSSIENS EN LORrxAINE.
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Apparlcnienl gotbkjiie à pans coupés. Cli3m])re à couclier. Au fond, croisée, avec un balcon en pierre qui disparaît, et qui est censé tenir toute la façade du cliâteau , de ce côté. A droite, la porte d'entrée qui communique avec une galerie inte'rieure. A gauche , porte masquée dans la boiserie. Table , fauteuils, lit caché au deuxième plan à gauche.