LOMBARD, VICTOR, AUGUSTE, M"'' DE GÈVRES
lH'>2e DE GÈVRES.
Vous êtes, monsieur Matthieu Lombard,
LOMBARD
Oui, madamo, et voici mes deux fils.
Sirue CE GÈVRES.
3'ai déjà eu l'occasion de les voir louii les deux^ et je connais M. Victor.
LOMBARD-
En ce cas, vous connaissez un digne et honnête garçon, madame.
M"*^ DE GÈVRES
J'aurais pourtant quelques reproches à lui faire.
LOMBARD
De ce qu'il ne vous a pas dit qu'il était le fils d'un pauvre menuisier... Ahl dame! que voulezvous, c'est jeune, c'est amoureux... ça sent ce que ça vaut... ça se monte la tète... il faut lui pardonner : il en est plus puni que personne, e je ne le laisserais pas humilier devant moi.
M"^ DE GÈVRES
Je n'en ai ni le droit ni la volonté, monsieur; et quand vous m'aurez entendue, vous verrez que je ne suis venue ici que dans des intentions bienveillantes.
Nous vous écoutons, madame.
M"e DE GÈVRES.
Puisque vous savez que M. Victor venait dans ma maison, vous dçy^z, savoir aussi qu'il m'a sauvé la vie, ainsi qu'à' ma petite-fille.
LOMBARD
Non; il ne s'était pas vanté de ça.
AUGUSTE
C'est vrai... il a sauvé madame, et M""^ Eugénie.
LOMBARD, à Auguste.
Tu ne m'en as rien dit, toi... là, tout-à-l'heure ?
AUGUSTE
Vous savez bien que ça n'est pas la première fois que ça lui arrive de sauver quelqu'un, et c'est ennuyeux de toujours raconter la même chose.
jyjme DE GÈVRES.
Jevous l'apprends donc, monsieur, et vous ne VOUS étonnerez pas que je veuille reconnaître ce service lorsque le hasard m'en offre l'occasion. VICTOR, à part.
Que veut-elle dire?
LO-MBARD.
Je ne vous comprends pas.
M"^" DE GÈVRES
Le hasard m'a fait apprendre le malheur quj VOUS a frappé ; j'ai pensé que dans une circonstance si cruelle le secours d'un ami pourrait vous être utile, et ce portefeuille...
VICTOR, tombant sur une chaise.
Ah !une aumône! quelle humiliation!
LOMBARD
Ce portefeuille... [^Ilva à Victor. )(^\x&n dis-tu, Victor?
VICTOR , se relevant.
Je dis... je dis, madame, que ce n'est pas pour de l'argent que jevous ai sauvée, et que si la reconnaissance vous pèse, je vous en tiens quitte s;!;is qu'il soit hpsnin do me payer.
LOMBARD, bas.
Bien réponilu, Victor.
Mine DE GÈVRES.
Sa générosité l'égaré, monsieur.
LOMBARD
Pardon, madame, ce n'est pas mon affaire.., je ne puis pas le forcer.
Il s'éloigne.
M™« DE GÈVRES, à Atiguste.
Mais vous, son frère, vous lui ferez comprendre que ce n'est pas un salaire, mais un don.
Merci ! cet argent-là nous pèserait sur l'amourpropre.
M«>e DE GÈVRES.
Mais si un étranger vous offrait cette somme.
AUGUSTE
Un étranger, ça serait différent... et puis il nous la prêterait, lui...
M"* DE GÈVRES, soiiriatit.
Eh bien ! je vous le prête, moi.
AUGUSTE
Il nous prendrait de gros intérêts.
M'"'= DE GÈVRES, nvec bonté.
Eh bien ! je vous en demanderai de même.
AUGUSTE
Et si nous ne payons pas à l'échéance, il nous poursuivrait.
M™e DE GÈVRES.
Je vous poursuivrai.
AUGUSTE
II nous enverrait on prison.
M^e DE GÈVRES, soiiriaiit.
J'en ferai autant.
AUGUSTE
Diable!...
M"e DE GÈVRES.
Je VOUS jure que je serai un créancier très-exigeant. Et vous acceptez de cette manière?
AUGUSTE
De cette manière... c'est trop cher... c'est trop bon marché de l'autre; tenez: croyez-moi, madame, il n'y a pas moyen de conclure l'affaire.
M™* DE GÈVRES
Je n'insiste pas davantage, et je me retire avec le regret d'avoir vu méconnaître le sentiment de reconnaissance qui m'avait conduite ici.
LOMBARD
Ne vous offensez pas de notre refus, madame; c'est notre noblesse à nous, de rendre service pour rien ; il ne faut pas nous l'envier.
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