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SCENE XVIII

FEUILLETÉ et PAQUERETTE caches, VIO- LENTINE, GANACHINI, deux Gahdes.

VIOLENTINE, entrant la première.

Venez, seigneur Ganachini... Mon Dieu! que vous êtes lent à monter cet escalier ! GANACHINI, arrivant.

Chère épouse, c'est ma courbature.

VIOLENTINE.

Comment 1 vous avez une courbature I où avezvous attrappé ça ?

GANACHINI.

A lâchasse, bonne amie. {Â part.) Ce diablotin tapait comme un sourd.

VIOLENTINE, regardant autour d'elle.

Eh ben ! qu'est-ce que cela veut dire? comprenez-vous quelque chose à ceci?

GANACHINI.

A quoi, chère amie?

VIOLENTINE.

Comment ! à quoi! Que sommes-nous venus faire dans cette tour?

GANACHINI.

Ma foi, je n'en sais rien... Vous m'avez dit : Montons à la tour... j'ai cru que M. Malberoug était mort !

Mais nous sommes venus ici pour voir la prisonnière, cette insolente paysanne que j'y avais fait enfermer... et elle n'y est plus, monsieur... elle n'y est plus!

GANACHINI.

C'est juste! elle n'y^est plus du tout! Mais elle s'est donc sauvée par le trou de la serrure? on dit qu'il y a des gens qui passent par le trou de la serrure.

FEUILLETÉ, entrouvrant le couvercle et montrant sa tête.

Ah ! ah ! vieille ganache, va !

GANACHINI.

Madame, vous me manquez de respect.

VIOLENTINE.

Qu'est-ce que c'est? oubliez-vous à qui vous parlez? c'est vous qui me devez le respect, à moi, sexe faible et timide... Tâchez de vous en souvenir, ou je tape.

FEDILLETÉ.

Mauvaise bête!

VIOLENTINE, donnant un soufflet à son mari.

Tenez, voilà pour vos sottises.

GANACHINI.

Aye!... Vous m'avez manqué, madame !

Je vais recommencer alors.

FEUILLETÉ, sc montrant.

Le joli ménage!

GANACHINI et VIOLENTINE .'/((i Ont VU Feuilleté. Le pâtissier!

VIOLENTINE.

Gardes, ouvrez ce bahut, et tirez-en celui qui s'y cache. [Le garde s'avance, tourne l'entrée du coffre vers le public et lève le couvercle; il n'y a personne dedans.) Personne!

GANACHINI.

C'est inconcevable !

FEUILLETÉ, Se montrant.

Salut la compagnie!

VIOLENTINE.

Il y est... on n'a pas bien cherché.

Les gardes recommencent ; même jeu.

GANACUINI.

Encore personne!... on est peut-être invisible là-dedans. Attendez, chère amie, je vais y entrer, et puis vous regarderez après cela si j'y suis.

VIOLENTINE.

Voilà la première fois que vous avez une idée spirituelle.

GANACHINI.

C'est que je pensais à autre chose. (// monte sur un tabouret et entre dans le coffre; à peine le couvercle est il refermé sur lui , qv'on entend des cri dans le coffre.) A moi ! au secours! à la garde !...

Mon mari appelle du secours... il a surpris le pâtissier. Ouvrez ^vite. (Le Garde ouvre le bahut; on voit Ganachini et Feuilleté se battant; puis le couvercle se referme. Aux Gardes.) Eh bien! vous le refermez ! ouvrez donc !

LE GARDE, essayant.

Impossible!

VIOLENTINE.

Comment! impossible I {Criant près du coffre.) Seigneur Ganachini, ouvrez le coffre.

GANACHINI, d'une voix ctojiffée.

Je ne peux pas, le pâtissier m'étrangle !

VIOLENTINE, de même.

C'est bien ! ne le lâchez pas, je vais faire enfoncer ce coffre.

GANACHINI.

Non, non, c'est inutile. {Le coffre s'ouvre, Gu' nachini en sort.) Me voici !

VIOLENTINE.

Et le pâtissier?

GANACHINI.

Ah I quelle raclée il m'a donnée !

VIOLENTINE.

Où est-il?

GANACHINI.

Il s'est sauvé.

Sauvé! c'est impossible!

Elle regarde dans le coffre ; en ce momcnl Fcuilkle' paraît du côte' oppose à la fenêtre en dehors, et les nargue "a travers des barreaux.

GANACHINI, l'apercevant.

Le voilà ! Courons !

Ganachini, Violcutineel les deux Gardes sortent. Lelhi''â Irc chan!;e. Un silo champêtre. Au fond une fontaine^ puis un grand liassiii: 'in l)aiic de gazon.

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