‹ Magasin théâtralChapitre 1306 sur 1711 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

GANACHINI , puis BOURIQUET.

BOURIQUET.

Vous ne venez pas, seigneur?

GANACHINI.

Non, j'aime mieux que ma femme se mette à table sans moi... elle ne me laisse jamais manger à ma faim! Il y a là-bas un petit marchand de vin très-propre... je vas te payer à boire un petit canon.

BOURIQUET.

Au fait, j'ai besoin de me rafraîchir.

Ils se dirigent vers le marcliand de via du fond ; mais la boutique disparaît et Ton voit à la place un tonneau traîné par un porteur d'eau.

GANACHINI.

Eh bien ! est-ce que j'ai la berlue ?... le vin se change en eau!... Heureusement, voici un restaurant,

BOURIQUET.

C'est ça, faisons nous des bosses !

GANACHINI.

Qu'est-ce que c'est que des bosses? ce drôle devient d'une familiarité. ( Il va pour entrer au café,qui devient une boutique de gants.) Garçon!...

BOURIQUET.

Tiens t v'ià que vous allez chez un marchand de gants nous faire servir à dîner...

GANACHINI.

C'est, ma foi, vrai... c'est un marchand de gants, et je n'en porte jamais, c'est trop cher... fi donc I... c'est bon pour des goujats. (// va s'éloigner, plusieurs gants pendus au dehors de la boutique lui donnent des claques, g^ sauvant.) Qu'est-ce que ça signifie?...

BOURIQUET.

C'est le vent.

GANACHINI.

Tu crois?... c'est possible... Entrons chez ce confiseur là-bas... vois-tu Bouriquet... à l'enseigne du Bras d'or... Ses dragées ont fort bonne mine. ( Ganachini va pour entrer chez le confiseur; quand il est contre la porte, le bras qui sert d'enseigne lui donne un coup par derrière. Se retournant et ne voyant que Bouriquet derrière lui.) Bouriquet, je n'aime pas ce genre de plaisanterie.

BOURIQUET.

Moi? je n'ai rien dit, je n'ai pas bougé.

GANACHINI.

Suffit, ne recommence pas!...

Il va pour entrer, même jeu de l'enseigne. Ganachini se retourne et donne un coup de pied au derrière de Bouriquet.

BOURIQUET.

Mais qu'est-ce qui vous arrive donc?

GANACHINI.

Cela l'apprendra à me désobéir... Entrons chez le confiseur.

La boutique du confiseur devient celle d'un marchand de sahots.

BOURIQUET.

Eh ben! elles sont gentilles les dragées?

GANACHINI.

Ah çà! mais si on croit que je trouverai ça beau, on se trompe... c'est infiniment ridicule... (Tous les sabots s'agitent, et deux d'entre eux donnent des coups dans le derrière à Ganachini. Ganachini, furieux, se retournant vers Bouriquet.) Comment, polisson 1 comment, mal appris, vous osez lever le pied derrière votre prince!., je vous apprendrai, moi...

Il tombe sur lui à grands coups de pied. Bouriquet se sauve. GaTiachini le poursuit en lui prodiguant les coups de pied.

LA CHOUETTE ET LA COLOMBE

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