SCENE I
JEANNETTE, puis Georges MARTIN.
V'ià la classe rangée... la boutique est balayée... A présent, faut que je me mette un peu les pieds à la torture... car c'est un vrai supplice que cette mécanique que les maîtres de danse ont inventée pour faire tenir les pieds en dehors. (Elle se met les pieds dans la boîte. ) Dire que je danserais aussi bien que les .lutres élèves de M. Martin, sije pouvais aller en mesure... c'est pourtant pas faute d'oreilles... Monsieur prétend que ça vient de ce que je ne sais pas lire... et ça se pourrait bien...
Air : Il s'en repentira.
Je fus él'vé' jusqu'à présent
Dans la plus complète innocence ;
Et c'est ce motif-lk , vraiment,
Qui seul empêche que je danse.
C'qui r prouv'bien c'est qu dans mon endroit,
Aux yeux de tous, j' passais pourêtre
tQs Innocente, à ne pas reconnaître
Mon pied gauch' d'avec mon pied droii.
G. MARTIN, entrant.
Est-ce qu'il n'y a personne ici?
jeannette, toujours les pieds dans la botte. Quoi que vous voulez. ?
G. MARTIN
Je veux parler à M. Joseph Martin.
jeannette.
Monsieur ne l'a pas trouvé dans sa boutique de librairie?
G. MARTIN, d'un air méprisant.
De librairie ?
JEANNETTE
Oui , son cabinet de lecture.
G. MARTIN
On m'a dit de monter à sa classe... car il paraît qu'il cumule.
JEANNETTE
Je crois plutôt qu'il déjeûne.
G. MARTIN
Allez le prévenir que monsieur Georges Martin veut lui parler.
LA CACHUCHA
JEANNETTE
Tiens, VOUS VOUS appelez comme lui...
G. MARTIN
C'est lui qui s'appelle comme rooi.
JEANNETTE
C'est drôle , ça...
G. MAnxiN.
Allez donc...
JEANNETTE
Je ne peux pas... monsieur m'a dit qu'il fallait tous les matins enfermer mes pieds dans ces petites boîtes-là, pendant une demi-heure... et il me gronderait...
Je n'aime pas les domestiques qui font des observations... allez dire à votre maître que l'affaire qui m'amène l'intéresse fort... entendez-vous ?
JEANNETTE , à part.
Est-il sec , cet homme là !
G. MARTIN
Eh bien ?
JEANNETTE , sortant de la boîte.
On y va... faut-il pas que je me déboîte les pieds , voyons.
( Elle sort. )
ceeeoeoeooMeeoeeogesoooooooeeoeeseooseoeeeeeeeoeoeeetsese