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CHOEUR DE BUVEURS

Aie : A boire, à boire.

A l)oire, à Loire, à boire, Yersez-nous donc à boire.

Versez-nous de ce jus divin, INous en boirons jusqu'à demain.

NICODÉME, s'arrètant devant la porte de l'auberge.

Ils chantent, les faignans; je voudrais bien être à leur place, depuis ce malinque je trotte avec un sac sur le dos, et rien dans rcstomac... c'est dur à digérer. (// appelle.) Domingue, pas de bêtises, voyons, réponds!... Voilà un mois qu'il me fait marcher, me berçant toujours de ce porc chimérique et de ces oignons imaginaires. Est-ce là une conduite à tenir avec un ami?... (// regarde dans l'auberge.) Ils mangent, les scélérats!... je voudrais bien faire comme eux. Ah! pauvre Nicodème, me voilà maintenant à deux cents lieues delaBrie, dans un pays déplorable ; et l'infâme Domingue, disparu... ça m'est égal , je me monte la tête ! je dis que Domingue est un drôle! un polisson! {On entend le bruit d'un soufflet; JVicodciue porte la main à sa joue avec surprise et jette un cri.) Ah! je ne me trompe pas, c'est bien une claque que je viens de recevoir. (// regarde avec inquiétude autour de lui; il n'aperçoit rien.) Personne! la claque est anonyme. ( Il se promène en tenant sa joue.) Oh! que c'est lâche! que c'est petit! {Il reçoit un nouveau soufflet.) Encore! {Au moment où il porte la main à sa joue, il reçoit un coup de pied au derrière.) Ah! voilà qui est abject, c'est ignoble! Je viens donc ici pour être insulté publiquementpar desfarfadets? car je ne vois personne... Essayons de parer les soufflets et les coups de pied. Ah! ah! malins! ah! ahl venez-y donc un peu , qu'on vous voie.

Il parcourt la scène à grands pas, en faisant le moulinet

avec son bâton ; il altrappe sans le savoir un garçon

qui sort de l'auberge.

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