DAHLIA, M"'^|POIROT
M""" POIROT
Si j'en crois la renommée, jeune et belle Dahlia, vous êtes la plus vertueuse et la plus sage des vierges du Gange... Je viens donc avec con-
fiance déposer dans votre sein les douleurs d'une mère au désespoir, et solliciter votre appui, sans lequel je n'ai plus qu'à mourir.
DAHLIA
Dites-moi vos malheurs, ne craignez pas do m'y trouver insensible.
M""' romoT.
La France m'a vue naître. .l'y étais établie, non pas selon le vœu de mon cœur, mais ainsi que ra\ aient exigé des convenances de familles; après sept années de mariage, le ciel m'avait accordé un fils. Objet de mes plus tendres affections, il faisait mon bonheur et majoie; sur lui reposaient toutes mes espérances... Hélas! à peine adolescent, je vis avec cfi'roi se développer en lui des penchans vicieux ; il devint sourd à mes remontrances, à mes prières; enfin, que vous dirai-je? il abandonna le toit paternel, et pendant longtemps je crus l'avoir perdu sans retour.
DAHLIA
Pauvre mère!...
M"* POIROT
Après bien des recherches et bien des larmes, j'apprends qu'il est dans ce pays, que vous avez daigné lui tendre une main protectrice, et que vous n'avez trouvé en lui que de la froideur et de l'ingratitude ; j'apprends que sa vie est menacée par la loi, vous seule pouvez le sauver... daignez écouter ma prière: c'est une mère en pleurs qui vous supplie pour son enfant.
DAHLIA
Bonne mère! vos malheurs m'ont émue; je vais vous conduire à la prison de votre fils. Une dernière épreuve décidera si je dois vous le rendre ou l'abandonner au sort qu'il a mérité. Elles sortent.