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SCENE IX

DAHLIA, BIJOU, SATANOR.

Un liruit de verrcjux et de clefs se fait entendre ; le ta- Ijleaii diminue, se réduit à un point lumineux, et finit par disparaître.

SATANOU, vêtu en geôlier. • Holà! jeune prisonnier, que fais-tu donc ainsi prosterné ?

BIJOU

J'implore mon pardon.

SATANOR, avec un rire infernal.

Et de qui?

BIJOU

De ma mère.

SATANOR, continuant à rire.

Bah! bah! a-t-elle demandé ton aveu pour te lancer dans la vie? Tu as usé à ta fantaisie du présent qu'elle t'a fait, tu n'en dois compte à personne. DAULiA, paraissant à la place de la flamme bleue.

Loin de toi cet esprit corrupteur, qui depuis ton enfance a su prendre tous les masques pour te perdre. . . Vois-le donc enfin sous sa véritable forme.

Au signe de Dahlia, ses vétemens de geôlier disparaissent, et l'on ne voit plus à la place que Satanor dans sa hideuse nudité; Bijou est efi'rayé.

SATANOR.

Tu te flattes de in'arracher ma proie.

DAHLIA

Paix, Satan !... la sagesse est l'image de la divinité... humilie-toi devant elle.

SATANOR.

Satan s'humilier!...

DAHLIA

Je te réduis au silence !

Salanor ne pousse plus que des cris élouflTés; sa rage est au comble ; il grince des dénis, il menace Bijou, qui s'éloigne ; Satanor s'élance, et veut l'enlacer de son bras nerveux ; Dahlia s'avance noblement vers Satanor, qui recule comme un enfant; il disparaît pour se montrer liientôt auprès de Bijou, qu'il saisit à bras-le-corps et qu'il entraîne.

r.iioo.

Défends-moi, Dahlia!

DAHLIA

Monstre! retourne aux enfers, le ciel te l'ordonne.

Satanor, dans les dernières convulsions do la rage, s'engloutit au milieu des llamnies.

BIJOU

0 ma bienfaitrice!

Tu le vois, l'oubli des devoirs a failli te conduire à ta perte... toncœur n'était qu'égaré, jeté pardonne, tu succéderas à mon père. Suis-moi, je vais te mettre en possession de son riche héritage.

BIJOU

Mais sa fille que j'ai tant offensée?

DAHLIA

Elle est à toi 1 sois toujours fidèle à la sagesse.

BIJOU

Jeté le jure.

Il se relève, lui baise la main ; ils sortent ; le théâtre change et représente l'entrée d'une ville considérable de l'Inde, vue à vol d'oiseau ; une foule immense se précipite au devant ducortégede Dahlia et de Bijou, portés sur un riche palanquin et entoures d'une cour brillante; gardes, bayadères, prêtres tout concourt à cette grande solennité; Poirot et .Mi o.lème ai rivent conduits par une esclave de Dahlia.

POIROT

Mam'selle ou madame, je ne sais pas au juste, c'est bien éventuel, faites-moi la grâce de me dire oii nous sommes.

l'esclave.

Vous êtes aux portes de Titchinopoli.

poinoT.

Hein ?

NICODÈME

Comment que vous dites ça?

l'esclave.

Titchinopoli.

Le petit Chinois poli ?

l'esclave.

Eh non ! Titchinopoli.

POIROT

Qu'est-ce que ce peut être cet endroit-ci?

l'esclave.

Une des principales villes de l'Inde, dont le souverain a désiré vous voir.

POlROT.

Me voir, moi ?

BIJOU, OU L'ENFANT DE PARIS

MCODÊHE.

C'est peut-être la reine des singes qui veutm'épouser ?

l'esclave.

Du tout, notre belle souveraine épouse un jeune prince de votre famille.

POIROT

De ma famille? le prince Poirot? qui diable ce peut-il être? Jusqu'ici j'ignorais la dynastie des Poirots..

l'esclave.

Vous allez voir, rangez-vous, Européens... les illustres époux vont faire leur entrée dans leur capitale.

Marche. DaUia, M' Poirot et Bijou, sont portes sur un riche palanquin.

POIBOT.

Dis donc, Nicodème, regarde cette grosse mère qui est là sur cette mécanique ; c'est singulier ! comme elle ressemble à M"^' Poirot 1 Ne trouvestu pas?

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