‹ Magasin théâtralChapitre 149 sur 1711 · SCENE VIL Les Mêmes, M. DE MONNERAIS · texte numérisé non relu

SCENE VIL Les Mêmes, M. DE MONNERAIS

M. DE MONNERAIS, paraissant, et à part. Ah! les conseils que j'ai donnés à M. deGèvres ont fructifié... Ma vengeance commence.

LOMBARD

Tais-toi, enfant, c'est ma faute... je l'ai maudit et injurié tout-à-l'heure, quand il a brisé moncœur, et tu l'injuries maintenant qu'il frappe le tien... mais tout cela, c'est plus qu'il ne mérite... c'est de la colère... et je te l'ai dit, il ne vaut que du mépris. Venez, allons 1 allons!

EUGÉNIE

Oh 1 ne partez pas ! Que voulez-vous que je devienne, moi !

LOMBARD

Et que pouvons-nous faire pour vous î

EUGÉNIE

Je suis pauvre maintenant, rien ne nous sépare.

TICTOR.

Que dites-vous?

JULIENNE, à part.

Oh ! elle l'aime bien !... elle est digne de lui !...

EUGÉNIE

Victor, protégez-moi ! voyez ma 'mère... Elle est bonne... elle vous doit la vie... allons nous jeter à ses pieds, et elle ne persistera pas à me condamner à cette alliance.

M. DE MONNERAIS, Se montrant.

Allez... Et elle vous apprendra que je viensde remettre à M. Auguste un consentement formel à votre prochain mariage avec lui.

EUGÉNIE

Oh ! vous ne le ferez pas !

Il n'y manque que les noms, car nous ne sommes pas encore très-bien informés de tous ceux de l'illustre marquis à qui M. Lombard a si bien enseigné les vertus qui font le noble gentilhomme.

LOMBARD

Il est certain que ce serait un misérable de moins en ce monde, si vous l'aviez assassiné toutà-fait, comme c'était votre intention, monsieur le baron.

M. DE MONNERAIS.

Monsieur...

LOMBARD

Ah I tenez, monsieur, sur ce chapitre, nous ne pourrions rien avoir d'agréable à nous dire l'un à l'autre... et nous ferons tout aussi bien de rompre l'entretien.

M. DE MONNERAIS.

J'en aperçois le héros , et peut-être vous conviendra-t-il mieux de le continuer avec lui...

LOMBARD

Auguste! ab! qu'il ne vienne pas ! qu'il n'ap'r proche pas !...

JULIENNE

Mon oncle, vous oubliez...

LOMBARD

Oui , j'oublie que c'est le marquis de Gèvres , que je suis chez lui... et que nous y sommes restés trop long-temps.

Ah! vous ne partirez pas ainsi...

TICTOR.

Il faudra qu'Auguste s'explique avec mol ! .. .

JULIENNE

Oh ! je le verrai ; non , tout cela ne peut être vrai...

LOHBARD.

Mais, venez, venez donc, sortez; je vous défends de le regarder. ..

EUGÉNIB.

Je ne vous quitte pas...

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