‹ Magasin théâtralChapitre 1492 sur 1711 · SCENE PRECHER E · texte numérisé non relu

SCENE PRECHER E

SERINGUINOS, SOTTINl Z, RODRIGUEZ, et les Alguazils.

SERINGUINOS, à Roùriguez.

C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire; les

hommes que vous avez envoyés au couvent de la Visitation ont été changés en laquais qui ont galamment accompagné les fugitifs à côté de leurs voitures.

RODUIGUEZ.

Vous m'étonnez.

SERINGUINOS.

Pardieul ça nous a bien surpris aussi, nous qui avons été enlevés par ce maudit balcon... Nous avons affaire à d'atroces sorciers.

RODRIGUEZ

Vous m'étonnez d'autant plus que ceci ne me parait pas naturel.

SOTTINEZ.

Eh bien I que ferons-nous ?

SERINGUINOS.

Nous nous raidirons, mon gendre, nous continuerons nos poursuites; nous avons pour nous le droit et la force publique.

R0DRIGU£Z.

S'il m'était permis de donner un avis...

SERINGUINOS.

Parlez, brave alguazil, vos conseils doivent nous diriger.

RODRIGUEZ

Mon opinion serait donc de reprendre au plus tôt les fugitifs; car plus ils auront d'avance sur nous, et plus nous serons éloignés d'eux.

Voilà qui est puissamment raisonné! comme l'instruction du militaire se développe de nos jours!... Mais dites-moi, vous qui avez autant de sagesse dans le conseil que de valeur dans l'action, où et comment reprendrons-nous les fugitifs?...

RODRIGUEZ

Où 7 dans leur voiture, s'ils y sont encore. Comment? en arrêtant leur voiture, si elle marche toujours.

SERINGUINOS.

C'est pourtant vrai... je n'avais pas songé à ça, ni vous non plus, mon gendre.

SOTTINEZ.

Je ne m'occupe pas des détails.

RODRIGUEZ

S'ils voyagent, c'est probablement sur une route; or, divisons-nous et coupons tous les chemins.

SERINGUINOS.

Quel habile plan de campagne! voyons, orientons-nous. Route de Madrid à Séville. D'abord il faut garder ce point; ils peuvent venir par là.

Le poteau indique le contraire.

SOTTINEZ.

Non, ils viendront par ici, voyez : Route de Madrid à Séville.

SERINGUINOS.

C'est juste, je me trompais. (Le poteau change.) Nous disons donc... ehl non, je ne me trompais pas.

Le poteau change.

RODRIGUEZ

Vous VOUS trompez, seigneur Seringuinos, voici le chemin qui vient de Madrid.

SERINGUINOS.

Allons, c'est que je n'ai plus la tête à moi.

RODRIGUEZ

Alors je vais distribuer les postes, le seigneur hidalgo avec deux hommes se portera sur la route d'Aranjuez; moi, avec doux autres, je cernerai la route de Cadix, et vous, mon brave apothicaire, vous resterez ici pour garder uos derr...

SERI.NGUINOS.

Ça me regarde.

Partons.

RODRIGUEZ

CHOEUR

Allons, parlons.

Montrons de la vaillance ;

Allons, parions.

Courons à la venseance.

SOTTINEZ.

Si j'entrevois le séducteur.

Ce fer vengera mon honneur.

Arrêtez, un serinent bien fait Pioduit toujours un bon effet.

ENSEMBLE

Allons, jurons D'avoir de la vaillance ;

Allons, jurons De venser notre offense.

Ils sortent.

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