‹ Magasin théâtralChapitre 1516 sur 1711 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

BABILAS, RODRIGUEZ.

Baljihs lient deux plats et Rodriguez une bouteille et un verre.

RODRIGUEZ

Victoire ! virioire !

BABILAS.

Tiens, où donc est le seigneur Sottinez?

RODRIGUEZ

Il se sera remis en course.

BABILAS.

S'il pouvait se casser quelque petite chose , ça me ferait plaisir.

RODRIGUEZ

Jeune homme, je suis d'avis de souper en eau* sant ou de causer en soupant.

BABILAS.

Vous avez raison, militaire.. .Mettons-nous là... Si j'allais éveiller maître Seringuinos...

RODRIGUEZ

Du tout... J'ai étudié dans les proverbes, et il y en a un qui dit fort sagement : Qui dort...

BABILAS.

Dîne.

Maître Seringuinos est servi... pensons à nous.

BABILAS.

Voilà des pigeons dont vous me direz des nouvelles.

RODRIGUEZ

Voyons ; à table.

Les chaises sur lesqTielles ils vont s'asseoir disparaissent «t reparaissent loin de la table.

BABILAS.

Vous m'avez pris ma chaise, militaire... Tiens la voilà là-bas.

RODRIGUEZ

Ce n'est pourtant pas moi qui l'ai changée d place... Et la mienne, où est-elle?

BABILAS.

Tiens ! la voilà de l'autre côté!... Ah t j'en tien» une.

Us veulent les aller prendre, mais elles disparaissent ea-j core et reviennent près de la table.

RODRIGUEZ

Et moi aussi... C'est très-fatigant cet exercice-là.

BABILAS.

Ces chaises sont d'une nouvelle invention.

Servez-moi, Babilas; je vais déboucher la bott^ teille.

Pendant que Rodriguez débouche la bouteille, ce que Ba bilas lui avaitservi est avalé par le portrait placé audessus de la glace.

BABILAS.

Voilà.

RODRIGUEZ

Servez-moi donc!

BABILAS.

Vous avez déjà fini !

RODRIGUEZ

Quoi?

BABILAS.

Je vous ai donné un pigeon...

RODRIGUEZ

Allons donc!

BABILAS.

Je vous le jure sur votre épée militaire. (Apart.) Je crois que ses grandes bottes lui servent à divers usages; il y fait des provisions.

RODRIGUEZ

Servez-moi donc, Babilas ! vous voyez bien que je suis occupé.

Allons, je vais re< ommencer. Militaire, vous n'avez pas la mémoire de l'estomac. {Pendant que Babilas sert Rodriguez, ce qu'il avait sur son

LES PILULES DU DIABLE

assiette est ait s si enlevé et avalé par le portrait.) Ah çà, est-ce que les assiettes fuient ?

RODRIGUEZ

Prenez le plat.

Le plat est aussiavalc par le portrait. Rodriguez et Babilas se lèvent effrayes.

BABILAS.

Il y a quelque ogre sous la table. (Ils se baissent tous deux pour regarder sous la table. La table disparaît dans la glace.) Ah! je tombe de mon haut. (Il tombe, croyant s'asseoir, mais la chaise a encore disparu, et il tombe assis par terre; même jeu pour Rodriguez. Se relevant.) Voilà les farces qui recommencent... Oh 1 mais, ça ne se passera pas comme ça... (^é^ùani. ) Militaire, donnez-moi votre sabre, s'il vous plaît... je veux faire un malheur, j'ai besoin de faire un malheur.

Il veut prendre le sabre et casse la bouteille que Rodriguez tenait à la main.

RODRIGUEZ

Imbécile!

Il saisit un jeu de trictrac et poursuit Babilas, qui se sauve.

MAGLOiRE paraît.

C'est ici que mon maître a dû s'arrêter. ( Les regardant courir.) Tiens, on joue aux barres... dites donc, j'en suis.

A ce moment, Rodriguez, croyant atteindre Babilas, veut lui jeter le trictrac sur la tête, mais Babilas se détourne, et c'est Magloire qui reçoit le coup ; aussitôt le trictrac se transforme en une cage dans laquelle Magloire est enfermé. Babilas et Rodriguez eflrayés se sauvent. Magloire disparaît avec la cage.

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Deuxième Tableau.

Le théâtre change et représente une place publique plantée d'arbres; au fond, une maison de santé ; à droite, un bospice de fous.

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