SCENE II
Les Mêmes, SOTTINEZ, SERIXGUINOS, ISABELLE, puis ALBERT, en costume de chauffeur, comme la Folie.
SOTTINEZ.
Arrivez donc.
SERISGUINOS.
Mon gendre, vous me ferez mourir de vieillesse avant l'âge.
SOTTINEZ.
Je vous ferai partir d'abord, et bien vite... (A part.) Depuis que j'ai perdu mon talisman, je suis en proie à une continuelle venette.
ISABELLE
Oii me conduisez-vous donc ?
SOTTl.XEZ.
Le plus loin possible de mon rival.
ISABELLE
Il pous rattrapera toujou'- .-
LES PILULES DU DIABLE
SOTTINEZ.
Je l'en défie.
ALBERT, s'approchant d'Isabelle.
Je suis là, chut !
SERINGUINOS.
Fille dénaturée 1 n'aurez-vous pas pitié des cheveux blancs et des jarrets de votre malheureux père?
ISABELLE
Je n'aimerai jamais don Sottinez.
SERINGUINOS, buS.
Je commence à le croire.
BABILAS.
Elle a une tête, la petite Seringuinos.
SOTTINEZ.
Il me faut quatre places.
LA FOLIE
Nous n'en avons plus que trois.
Babilas nous suivra à pied, je l'ai pris pour tout faire.
BABILAS.
Mais je ne vous rattraperai jamais.
LA FOLIE
En voiture.
TOUS
En voiture.
Albert emmène Isabelle.
SERINGUINOS.
Ma fille 1 où va-t-on charger ma fille?
LA FOLIE
Soyez tranquille, papa, elle est en bonnes mains; vous monterez avec votre compagnon dans ce peit wagon, qui ne tient que deux personnes.
Tous les voyageurs montent clans les wagons. Alljert et Isabelle sont dans celui qui précède le petit wagon de Sottinez. Tous les wagons se mettent en route et disparaissent; un seul reste en place, c'est celui de Sottinez: derrière lequel est la macbine, que conduit la Folie.
BABILAS.
Obéi obéi chauffeur, vous oubliez une voiture. Ah I bah I ils sont loin.
SOTTINEZ.
Et Isabelle?
BABILAS.
Elle s'en va comme si le vent l'emportait.
Mon gendre, faites donc marcher la voiture.
BABILAS.
Si VOUS allez de ce train-là, je vas vous suivre devant.
SOTTINEZ.
C'est une horreur! c'est une indignité! Quand Je devrais sauter en l'air, je veux rattraper Isabelle.
LA F9LIE
Eh bien! saute donc, Sottinez!
A un signe de la Folie, le petit wagon saute en éclats : au bruit tout le monde accourt.
Aie:
Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah!
Quel malheur c'est IJl !
Ah ! quel vacarme Ah ! quelle alarme !
Ah, ah, ah, ah , ah, ab, ahl Quel malheur ! . . . hélas !.. .
Oui, c'est la machine en éclats.
BABILAS.
Mon pauvre maître doit être en compote. {On voit tomber du ciel des morceaux épars.) Qu'est-ce qui me tombe sur la tête?... un bras, une jambe... Dieu du ciel! c'est un morceau de mon maître... OUI, je reconnais son bras à sa manche jaune... Ramassez tout, mes amis, n'en laissez rien perdre... {On met les morceaux dans un panier.) Du
grand Seringuinos voilà donc ce qui reste t.. . Et le seigneur Sottinez, où est-il ? je n'en vois pas le plus petit morceau.
A ce moment, on aperçoit, sur le grand mur du fond, Sottinez, plaqué de tout son long.
Mais le voilà!