SCENE V
Les Mêmes, ALBERT et ISABELLE en pèlerins, UN GARÇON.
LE GARÇON
Que voulez-vous, mes braves gens?
ALBERT
Servez-nous à dîner.
LE GARÇON
Est-ce pour la grâce de Dieu?
ALBERT
Non, pour la grâce de ce doublon.
ISABELLE, bas à Albert, Mon père et Sottinez!
ALBERT
Faites bonne contenance, et ne craignez rien. {Au Garçon.) A quoi penses-tu?
LE GARÇON
Mon digne homme, je réfléchis à iine chose... c'est qu'il n'y a plus rien dans la maison 1 ces seigneurs ont tous pris.
ALBERT
Ils ne refuseront pas de partager avec nous, qui arrivons d'accomplir un vœu à Saint-Jacquesde-Compostelle.
SERINGUINOS.
Il est bon là, le pèlerin. J'arrive de bien plus loin, moi. J'ai presque touché la lune... j'ai besoin de me refaire.
SOTTINEZ.
Et moi, j'ai été assez aplati pour qu'il me soit permis de chercher à me rendre quelque rotondité... je ne céderais pas un os de poulet. BABILAS, à part.
Moi, je donnerais bien quelque petite chose à la pèlerine.
LES PILULES DU DIABLE
SOTTINHZ.
 table t à table. ..Les pèlerins mangeront après nous, s'il en reste.
SERINGUmOS.
Mais il n'en restera pas.
C'est ce que nous allons voir.
Ace moment, tous les mets qui sont sur les taLlesde Babilas, Sottinez et Seringuinos, passent sur la table d'Albert.
BABILAS.
Mangez, patron, mangez...
SERINGUINOS.
Qu'est-ce que tu veux que je mange? je n'ai plus rien.
SOTTINEZ, riant.
Ah I ah! la farce est bonne.
SERINGUINOS.
C'est pour ça que j'en voudrais goûter.
BABILAS.
Il est écrit quelque part que je ne mangerai jamais.
A ce moment, un chien traverse le théâtre en courant et tenant le bras de Seringuinos à la gueule.
SERINGUINOS.
Babilas, je viens de voir passer mon bras... je l'ai reconnu.
BABILAS.
Vraiment?
SERINGUINOS.
Sottinez, Babilas... aidez-moi à rattraper ce misérable chien. Babilas, Sottinez... courez, criez avec moi... Au voleur!... au voleur!... au voleur !...
Ils sortent tous les trois en courant après le chien, qui traverse encore une fois le théâtre.
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Sixième Tableau.