SCENE IV
LOUISE, au fond, LE MARQUIS LOUISE, entrant timidement.
Pardon, monsieur le marquis.
LE MARQUIS, nvSC botllé.
C'est toi, ma chère Louise. Que veux-tu?
LOUISE
Depuis huit jours, monsieur le marquis, j'ai eu beau venir, beau faire, on n'a jamais voulu me laisser pénétrer jusqu'à M. Léon ; et vous savez pourtant quelle amitié il a pour sa petite Louise! amitié d'enfance, puisque je suis la fille du fermier du château, et que nous avons été presque élevés ensemble. Oui, monsieur le marquis. Aussi je l'aime plus que s'il était mon frère. On dit partout qu'il est bien malade, et je ne puis lui prodiguer mes soins. Je suis bien sûre qu'il prendrait de ma main toutes les drogues qu'on lui ordonnerait. Eh bien, on ne veut pas seulement me le laisser voir, quand ce ne serait qu'une minute. Ah! si vous vouliez me permettre...
LE MARQUIS
Impossible, bonne Louise; il y a dans ce moment une consultation de médecins.
Seraient-ce trois hommes noirs qui viennent d'arriver de Paris?
LE MARQUIS
Oui, Louise.
LOUISE , pleurant.
O mon Dieu! trois médecins ! M. le duc est un homme mort !
LE MARQUIS
Espérons que le ciel aura pitié de nous. Louise, va attendre dans la salle voisine, et peut-être pourrâSttu voir encore Léon.
LOUISE
Monsieur le marquis, que vous êtes bon! [Prête à sortir.) Ah! j'oubliais! voici une lettre qu'un exprès de Paris vient d'apporter.
LE MARQUIS
Donne vite.
LOUISE, lui donnant la lettre.
Il a dit qu'elle était très-pressée.
LE MARQUIS, à part.
Ciel! elle est deMontalais. (^aur) Laisse-moi, Louise, laisse-moi.
LOUISE
Monsieur le marquis, avec votre permission, je vais attendre. Vous tiendrez votre promesse?
LE MARQUIS
Oui, oui. Mais laisse-moi, je veux être seul.
Louise sort.
LE CHATEAU DE VERNEUIL