LE MARQUIS, DELMAR
LE MARQUIS
4X)nsieur Delmar, au nom du ciel, ne m'abandoniez pas, ayez pitié de mon désespoir. Tout ce qie vous demanderez vous l'obtiendrez.
DELMAR
Je pardonne à votre couleur. Ma faible science appartient au pauvre comme au riche.
LE MARQUIS
Ainsi le malheureux Léon...
DELMAR
A moins d'un miracle, le duc ne peut être rappelé à la vie, et pour opérer ce miracle, il faudrait se servir d'un moyen qui ne serait pas sans danger.
LE MARQUIS
Ah! parlez, parlez; l'état du duc n'est-il pas désespéré?
DELMAR
C'est la seule raison qui pourrait me décider a permettre l'usage d'une portion des plus violentes ; la secousse serait terrible, et, je dois le dire, probablement mortelle. Pourtant j'ai vu, dans quelques circonstances bien rares, il est vrai, et dont je ne me flatterais pas de rencontrer ici un nouvel exemple, j'ai vu des malades sauvés par l'action surnaturelle d'un remède qui devait les emporter.
LE MARQUIS
Ah! monsieur, ordonnez vite, ordonnez puisque c'est seulement dans ce moyen extrême qu'il reste une lueur d'espérance. (Delmar écrit l'ordonnance, le Marquis appelle.) Louise, Louise. DELMAR, écrivant.
Je vous répète, monsieur le marquis, que je ne conserve aucun espoir... c'est au contraire parce qu'une catastrophe me paraît aujourd hui inévitable, que je crois pouvoir autoriser une tentative désespérée.
Il donne l'ordonnance.
LE MARQUISE, à Loiiise qui paraît.
Louise, cette potion, il la faut sur-le-champ... Ici près, à la pharmacie du château, ne perds pas un instant. Songe qu'il y va de la vie de Léon.
LOUISE
Ah ! donnez, donnez.
LE MARQUIS
C'est de ta main qu'il prendra cette potion.
LOUISE
Il l'aura bientôt.
^' Elle sort vivement.
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